Review 452 : The Ruins of Beverast – The Thule Grimoires

Préparez vous à être happés par The Ruins of Beverast.

Créé en 2003 par Alexander von Meilenwald (tous instruments/chant, Truppensturm, ex-Nagelfar), le groupe nous offre en 2021 son cinquième album, The Thule Grimoires, qui vient enrichir une discographie déjà bien fournie. 

Pour appréhender correctement cet album, il ne faut s’accorder aucune pause, c’est le créateur qui décide quand nous sommes autorisés à respirer. L’introduction de Ropes Into Eden nous plonge dans une ambiance à la fois oppressante et fascinante, avant de nous assommer avec cette rythmique étouffante, sur laquelle les vociférations du chanteur se posent. Le mélange mystique nous frappe de plein fouet, agrémenté de quelques sonorités plus étranges, puis un hurlement ordonne un break. A peine le temps de se remettre de cette première vague que la deuxième arrive déjà, d’abord grâce à des percussions martiales, puis par un son imposant, lourd et sombre. Le son lancinant nous conduit lentement jusqu’à The Tundra Shines, un titre dont l’ambiance est similaire, mais qui joue plus sur cet aspect ritualistique et oppressant, accompagné d’un son massif, de choeurs mystiques, de murmures rauques et finalement d’un chant clair entêtant. On passe à Kromlec’h Knell, un morceau dans la langueur écrasante nous fait prendre conscience de la puissance des riffs, de ces tonalités majestueuses douces, et du contraste frappant avec la rythmique sombre.
Sans surprise, Mammothpolis est une composition dont l’introduction intrigue, et qui place habilement chaque élément qui la compose avant de nous révéler toute son imposante saveur. Anchoress In Furs pioche dans des influences Sludge dissonantes, saturées et un groove suffocant pour nous clouer au sol avant de nous éblouir avec une rythmique simple mais dangereusement addictive. Le chant clair viendra compléter ce tableau hypnotique, avant de repartir dans des tonalités plus basses. Le final nous laisse avec une douce mélodie et quelques mots avant Polar Hiss Hysteria, qui offre à peine quelques notes et nous piétine en bonne et due forme. Les sonorités ambiantes sont la seule chose qui caressent notre esprit alors que les riffs nous martèlent sans discontinuer. Le morceau est à la fois l’un des plus agressifs, grâce à ce rouleau compresseur intense, mais également l’un des plus accessibles, et des plus constants, grâce à ce mélange permanent entre la rythmique et les éléments atmosphériques, puis une alarme nous accompagne jusqu’au titre final. Intitulé Deserts To Bind And Defeat, il est à la fois le plus long de l’album, mais également celui qui représente le mieux l’esprit du groupe. Une sorte de point culminant de diversité, de noirceur, d’ambiance oppressante, de mysticisme, mais surtout un impressionnant contraste entre cette voix claire apaisante, ces hurlements viscéraux, la rythmique lourde, les breaks aériens…

Impossible de ressortir indemne d’un album de The Ruins of Beverast. The Thule Grimoires est une incroyable aventure qui mêle noirceur, oppression, douceur, sonorités entêtantes, perçantes, viscérales et majestueuses pour en faire l’un des albums incontournables de 2021.

95/100

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