Review 1372 : Strigoi – Viscera

Strigoi revient.

Après un premier album en 2018, suite à la séparation de Vallenfyre, les musiciens anglais Gregor Mackintosh (guitare/chant, Paradise Lost) et Chris Casket (basse, Devilment, Eastern Front, ex-Extreme Noise Terror) annoncent en 2022 leur signature chez Season of Mist pour la sortie de Viscera, leur deuxième album. Ils sont accompagnés depuis 2021 par Guido Zima (batterie, The Secret, ex-Implore) et Ben Ash (guitare, Satyricon en live, ex-Carcass).

On retrouve Brian Sheehan (Jesus Wept, Wolvhammer) pour l’artwork, Kurt Ballou (Converge) au mix, Brad Boatright (All Pigs Must Die,Devourment, Full of Hell, Gatecreeper…) au mastering et Jaime Gomez Arellano (Abhorrence, Cathedral, Grave Miasma) en tant que producteur.

L’album débute par United in Viscera, un titre qui révèle progressivement ce son lourd et dissonant grâce aux instruments puis grâce au chant massif qui apparaît ensuite. La lenteur du morceau lui permet de développer une ambiance oppressante, alimentée par les hurlements terrifiants qui reviennent hanter King of All Terror et son agressivité brute qui pioche dans les racines Crust furieuses du projet. L’oppression lancinante fait également partie du paysage, tout comme sur An Ocean Of Blood, une composition assez efficace et accrocheuse qui laisse les leads nous envelopper dans cette dissonance froide. L’énergie brute revient sur Napalm Frost, un titre très motivant qui utilise cette vague de blast dévastateurs pour placer des riffs rapides avant que le son ne redevienne pesant et très lent pour Hollow, le morceau suivant. Les palm-mutes apportent cet aspect brumeux à des riffs poisseux recouverts des cris possédés du vocaliste et de frappes martiales, donnant un aspect assez régulier à ce son assommant avant qu’il n’accélère à nouveau avec des influences Crust/Grind. Le tempo baisse à nouveau avant que Begotten Son ne prenne la suite avec un contraste créé par le blast furieux mêlé à des leads aériens inquiétants, puis Bathed in a Black Sun révèle quelques choeurs mystérieux qui instaurent immédiatement une ambiance mystique, complétée par les vagues de saturation régulières. Le tempo permet à une rythmique solide de répondre à des harmoniques plus planantes, puis Byzantine Tragedy nous replace dans cette lenteur assourdissante complétée par une rythmique saccadée. On retrouvera également cette voix fantomatique en arrière plan, mais également une accélération inattendue qui durera peu de temps, suivie par Redeemer et sa rage abrasive. Le titre est court, et il ne perd pas une seule seconde pour nous cracher toute sa puissance avant qu’Iron Lung, le dernier morceau, ne nous écrase sous sa masse sonore dissonante, sombre et monumentale. Lenteur et lourdeur se complètent parfaitement pour offrir aux cris lancinants une base malsaine avant de nous autoriser à respirer à nouveau.

Strigoi joue sa musique avec ses tripes. Outre l’instrumentale massive, dérangeante et extrêmement sombre, Viscera nous offre également des hurlements oppressants et puissants qui ne peuvent que prendre racines dans la source même de la noirceur.

90/100

English version?

Laisser un commentaire