Review 1982 : Tenebro – Ultime Grida Dalla Giungla

Tenebro marche fièrement vers son deuxième album.

Après des débuts difficiles, le groupe dont les premières traces remontent aux années 2000 créé par Il Becchino (tous instruments/chant), et finalement rejoint en 2019 par Il Beccamorto (basse/batterie, Celebrarian, Engrosso, Sepolcro…) continue sa collaboration avec Xtreem Music pour la sortie d’Ultime grida dalla giungla.

L’album débute avec Ferox et son sample introductif, qui évoque le cannibalisme avant qu’un duo basse/batterie groovy ne vienne proposer de la lourdeur, suivi par la guitare criarde qui deviendra rapidement accrocheuse. Les quelques grognements s’intègrent très bien à la vague de rage qui nous mène à Lo Squartamento della Tartaruga et à son approche relativement plus énergique et saccadée, laissant le duo évoluer à un tempo assez élevé. Le morceau est court, forçant le groupe à ne pas nous laisser un seul temps mort avant que Feto Strappato e Gettato nel Fango ne prenne sa place, apportant également sa dose de saturation écrasante et ses sonorités horrifiques, que ce soit par les samples ou le chant. Le titre progresse assez régulièrement jusqu’à Khakhua, qui va profiter d’une batterie ravageuse pour nous piétiner pendant que les riffs restent efficaces, ralentissant pour accueillir des cris samplés avant de repartir sur Ultime Grida dalla Giungla, le titre éponyme, et ses patterns enjoués malgré l’approche Old School assumée. Le son va devenir beaucoup plus lourd, puis plus inquiétant avec les éléments terrifiants et dissonants, puis les riffs explosent à nouveau avant que Pellicola Maledetta ne prenne part au massacre d’abord à pleine vitesse, puis avec une rythmique solide mais plus mesurée. Il Ritrovamento della Donna Impalata débute sur des riffs plus lancinants, troublés par une double pédale et un blast dévastateurs, apportant un contraste avec le reste du titre, qui va rester ancré dans la dissonance avec A Caccia… di Umani., avant d’accélérer pour devenir beaucoup plus brutale. Le groupe conserve son approche pachydermique avec Il Paese del Sesso Selvaggio, une composition relativement efficace qui place des harmoniques déchirantes dans sa marche, puis avec Massacro della Trouppe et ses interventions vocales plus sauvages et diversifiées. Côté rythmique, le groupe reste sur de l’efficacité brute et sous-accordée, tout comme sur Oscuro Rito Sessuale, le dernier morceau, qui propose une approche plus agressive et remuante, tout en restant dans les sonorités grasses.

Ultime Grida Dalla Giungla est le parfait compromis entre un film d’horreur gore et le Death Metal. Bien que Tenebro n’en soit pas à son coup d’essai, il s’approprie aisément les deux genres et nous sert une tranche de graisse et de violence bienvenues.

85/100

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