Review 2082 : Griffon – De Republica

Pour Griffon, l’Histoire s’écrit avec une majuscule.

Créé à Paris en 2012, le groupe se taille une réputation dans la scène locale, sort un EP et un album, puis signe chez Les Acteurs de l’Ombre Productions avec un split en 2019. En 2024, Aharon (chant, A/Oratos, ex-Geisterfels), Sinaï (guitare, The Order of Apollyon, ex-Moonreich), Kryos (batterie, Azziard, Hats Barn, Neptrecus) et Antoine (guitare) annoncent la sortie de De Republica, leur troisième album.

C’est avec L’Homme du Tarn que l’album débute, retraçant l’oeuvre du député socialiste Jean Jaurès avec fureur et lourdeur, ainsi que des mélodies tranchantes. Les parties samplées (tirées des discours de l’homme) contrastent avec les cris viscéraux qui hantent les passages les plus effrénés et pesants parfois renforcés par des claviers imposants comme par exemple sur les refrains aux touches mélancoliques, que l’on retrouvera également sur The Ides of March, le titre suivant, qui profite d’une ambiance lancinante pour dévoiler ses riffs enflammés. Les paroles, en anglais et en grec, résonnent comme de manière beaucoup plus sombre pendant que la rythmique saccadée nous étouffe en permanence, n’autorisant que quelques passages plus dissonants et aériens avant de laisser place à la vindicative La Semaine Sanglante et ses harmoniques dansantes qui mènent la charge. Le groupe chante ici les Trois Glorieuses avec des sons bruts et de nombreux chœurs, rappelant la puissance d’un peuple uni et déchaîné avant que le sample vocal final n’y mette un terme pour finalement nous autoriser à reprendre notre souffle pour débuter A l’Insurrection. Sans surprise, la quiétude est rapidement piétinée par une vague de fureur présentant la situation de Paris en 1871, et malgré le break plus calme, la tension est palpable au sein de l’instrumentale et de ses mélodies fuyantes. La lourdeur du final sera à peine apaisée par les claviers, alors que la noirceur resurgit sur les premières notes de La Loi de la Nation, laissant alors la mélancolie nous guider pour rejoindre la rythmique oppressante, symbolisée par la bataille entre Eglise et République. On ressent une certaine souffrance dans la voix qui donne vie à cette nouvelle réalité, entourée par les sa rythmique accablante, puis c’est avec De Republica que les musiciens reviennent à une période plus récente du pays tout en la contrastant avec une approche Old School glaciale et parfois très imposante tout en conservant ses leads chaotiques avant de refermer l’album avec un final théâtral massif.

Griffon avait déjà prouvé son évolution avec son album précédent, et le groupe confirme à présent sa position de fer de lance du Black Metal français. De Republica couple une approche mélodieuse unique avec une narration expressive et juste, faisant à la fois de cet album un indispensable musicalement parlant, qu’un recueil d’histoire.

95/100

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Interview à venir.

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