Review 2848 : Beheaded – Ghadam

La machine Beheaded sévit à nouveau.

Actif depuis la scène Maltaise depuis 1991, le groupe composé de David Cachia (basse), Frank Calleja (chant, Coffin Birth, Slit), Davide Billia (batterie, Antropofagus, Coffin Birth, ex-Hour of Penance, ex-Putridity…), Simone Brigo (guitare, Blasphemer) et Fabio Marasco (guitare, Maze of Sothoth) renouvelle son partenariat avec Agonia Records pour la sortie de son septième et concept album, Ghadam.

L’album débute avec son titre éponyme, Ghadam, dont l’introduction est étrangement douce lorsque l’on sait avec quelle férocité le groupe nous piétine ensuite. L’arrivée des parties vocales féroces ne fait que renforcer l’oppression ambiante qui se développe notamment grâce aux touches dissonantes, mais on sent progressivement que les mélodies nous envoûtent avant de passer à Xtrajt l-infern qui reste dans les touches obscures avec une pointe de complexité. Le chant se fait épauler par des choeurs presque mystiques pour développer ses influences Black/Death que l’on retrouve également sur B’niket inhabbru l-mewt, et où les guitares deviennent résolument plus mystérieuses, tout comme les parties de voix claire chantée. L’utilisation du maltais contribue à cette atmosphère inquiétante car inconnu, mais Ihirsa va accentuer le contraste entre une batterie martiale et des éléments éthérés avant de nous piétiner à nouveau grâce à des riffs massifs, liant finalement harmonieusement les deux univers pour créer une violence assez différente. Il-Kittieb prend finalement la suite en nous enveloppant dans son brouillard impénétrable aux quelques mélodies enivrantes et presque apaisantes qui laissent passer une voix samplée qui finira par déteindre sur le chant principal, le rendant presque plaintif. Le morceau prend fin peu de temps après, suivi par Ix-xjaten ta’ mohhi où l’on retrouve les racines d’un Brutal Death plus pur et intransigeant, mais qui retrouve sa nouvelle forme sur le final saccadé, laissant place aux harmoniques mystérieuses d’Iljieli bla qamar. Le titre reste épais et agressif, usant de patterns furieux à toute allure sans jamais prendre le temps de ralentir ou presque, rejoignant le sample d’intro de Jidhaq il-lejl, mais les riffs ne sont bien entendu pas loin, attendant patiemment leur moment pour sévir. Côté chant, Frank reste sur son growl habituel, mais il proposera également quelques choeurs plus bruts alors que la rythmique devient à nouveau assez brumeuse pour finalement se transformer en berceuse traditionnelle sur Irmied, ultime création beaucoup plus apaisantes qui nous permettent de clore l’album en douceur.

Loin d’un Brutal Death pur jus, Beheaded conserve ses riffs massifs pour leur offrir de nouvelles influences, et ainsi offrir à Ghadam une unicité au sein de la scène Death Metal. L’expérience est vraiment intéressante.

85/100

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