
Windswept émerge de la noirceur de l’Ukraine.
Créé en 2014 sous le nom Herbarium par Roman Saenko (aka R, guitare/chant), maître à penser derrière Drudkh et de nombreux autres projets, entouré par ses compagnons T à la basse et V à la batterie, le groupe donne naissance en 2025 à The Devil’s Vertep, son troisième album.

Le groupe attaque sans attendre avec Infanticide, premier titre virulent et intense qui couple sa rythmique dissonante mais acérée à pleine vitesse avec des rugissements sauvages, mais aussi des passages plus Old School accrocheurs empruntés au Pagan/Black et à ses racines martiales. Le son glacial est à peine troublé par le jeu de batterie parfois hypnotique qui initie les changements de rythme ou par les quelques parties vocales qui apparaissent, mais Investigation finit par prendre le relai et nous proposer un son bien plus brut orienté vers une approche mesurée qui contient son agressivité. Quelques tonalités aériennes se font sentir dans certains passages plus lents, mais on sent que les musiciens ont déjà hâte de lâcher les rênes, et les accélérations nous le confirment amplement en invoquant leurs influences les plus furieuses tout comme sur Torture & Confession qui nous ouvre la voie avec un larsen. Les riffs qui suivent sont bien plus mélodieux que leur entrée en matière, offrant même quelques passages plus épiques en mid-tempo pour accentuer les moments de flottement pesants qui précèdent les éruptions de noirceur pour les transformer en véritable tornade qui nous accompagnera jusqu’au bout du morceau. The Potion propose une touche légèrement plus lumineuse à son flot virulent peuplé des vociférations de Roman, mais l’approche reste assez similaire et déferle à toute allure tout en proposant des harmoniques tranchantes et autre jeux de cymbales enivrants ou revenant à des instants plus bruts au tempo assez doux. Le morceau est assez constant, à l’inverse de Nest of the Witches qui va immédiatement proposer un jeu saccadé pendant que le vocaliste redouble d’intensité pour accompagner les assauts réguliers de ce titre assez court qui rejoindra finalement Verdicts et ses pointes de mélancolie assumées qui se transforment naturellement en hymnes entêtants lors des passages les plus féroces de la première moitié du morceau, puis c’est dans un climat plus apaisant qu’il prendra fin, presque soulagé d’en arriver enfin à son dénouement.
La touche sauvage de son créateur donne à Windswept toute la force et la légitimité de nous conter cette histoire enfouie au plus profond de l’histoire ukrainienne. The Devil’s Vertep est sombre, mais sa beauté est très largement accessible à ceux qui tendront l’oreille.
90/100