Review 3057 : Ellende – Zerfall

Ellende débute sa quinzième année avec un nouvel album.

Pour L.G. (tous instruments/chant), 2026 débute avec la sortie de Zerfall, son sixième album, chez AOP Records, immédiatement suivi par une tournée Européenne.

La batterie est une fois de plus enregistrée par P.F. (batterie, Karg, live pour Harakiri for the Sky).

L’album débute avec l’aérienne Nur, première composition mélancolique relativement courte où les instruments nous bercent doucement, accueillant une voix samplée avant que la rythmique ne s’intensifie puis adopte pleinement sa noirceur avant de nous relâcher sur Wahrheit Teil I où elle prend pleinement possession des riffs et invoque les hurlements saisissants. Le morceau progresse à un rythme assez pesant, nous offrant tout de même des moments de relâche et des leads enivrants ou quelques choeurs apaisants avant de laisser la violence nous submerger à nouveau tout en absorbant cette base de quiétude pour finalement l’intégrer à sa déferlante qui mène à Wahrheit Teil II où nous retrouvons un instant la paix. Elle reste cependant de courte durée, cédant naturellement à un nouvel embrasement progressif pour retrouver la douloureuse complainte qui une fois terminée laisse le titre devenir plus énergique et accrocheur pour mieux reprendre, filant vers le titre éponyme Zerfall où des claviers nous attendent. Le son nous envoûte calmement puis devient soudainement un peu plus imprévisible pour adopter ses ténèbres tant attendues et nous emporter dans son courant lancinant, libérant toute sa saveur et ses hurlements glaciaux avant de nous accorder un temps de flottement pour rejoindre Übertritt qui se montre immédiatement menaçant. Je reste personnellement sur mes gardes même lorsque les choeurs clairs emplissent l’atmosphère, mais cela n’empêche pas l’arrivée de la saturation de me surprendre et d’emporter mon esprit dans son flot fluctuant entre rage et apaisement temporaire qui surviennent avant qu’Ode ans Licht ne dévoile des tonalités Post-Rock intrigantes. Bien évidemment, la saturation n’est jamais loin, mais le morceau reste assez doux et accessible, que ce soit dans sa rythmique enchanteresse ou ses parties vocales avant d’atteindre Zeitenwende Teil I (où l’on retrouve le violon de Klara Bachmair de Firtan) et son introduction elle aussi assez planante qui se métamorphosera en tourbillon de fureur. Des touches Old School plus brutes apparaissent également, alimentant le contraste omniprésent avant de laisser Zeitenwende Teil II nous souffler à son tour, profitant d’une accélération inattendue pour libérer toute son essence, puis c’est avec des tonalités oppressantes et saccadées que L.G. nous captive, laissant les solos majestueux à Peter Mairhofer (Norikum) avant de reprendre ses lamentations poétiques. Nous retrouvons un sample vocal féminin qui se mêle aux claviers pour débuter Reise, comme une sorte de journal de bord avant d’embarquer au sein des harmoniques et qui nous laissent dériver entre les cris, puis c’est une voix masculine samplée qui annonce l’ignition du morceau, nous précipitant inlassablement vers un final une nouvelle fois saisissant, et sa tonalité d’occupation finale. L’album n’est pas pour autant terminé, puisqu’il continue avec Secunda, une reprise au clavier de Jeremy Soule composée pour le jeu The Elder Scrolls V: Skyrim qui s’intègre parfaitement à l’atmosphère d’Ellende, puis avec Verborgenes inneres Leiden, titre bonus au piano encore plus maussade qui laisse à peine quelques murmures le rejoindre pour poser cette fois-ci le point final.

Dire qu’Ellende est à présent l’une des références de la sombre tristesse musicale est un euphémisme tant le groupe a su forger sa mélancolie au fil des albums, mais je sens avec Zerfall que l’intensification des lives des dernières années lui a donné une touche légèrement différente.

95/100

English version?

Laisser un commentaire