
Malignant Aura remet le couvert.
Connu quelques temps sous le nom Cursed by a Hag, changé avant la sortie de son premier album, le groupe australien mené par Pete Robertson (batterie, Irönwitch, ex-Awful Noise), Chris Clark (guitare, Sematary), Tim Smith (chant, Arms of the Abyss) et Jonathan Ennis (basse, Vyrion) signe chez Memento Mori pour la sortie de son deuxième album, Where All of Worth Comes to Wither.

L’album débute avec un bruit étrange sur Where All of Worth Comes to Wither, le morceau éponyme qui dépasse à peine les trois minutes, servant d’introduction inquiétante où les premiers riffs s’installent doucement, offrant un son d’abord lancinant grâce aux guitares puis plus lourd lorsque basse et batterie rejoignent le lent mouvement. Le groupe tisse doucement ses leads jusqu’à ce que The Pathetic Festival s’épaississe d’un coup, offrant une accélération brutale mais également une place pour les parties vocales puissantes qui rendent le titre bien plus agressif en compagnie du blast, mais également des guitares cinglantes. Les racines Death Metal sont parfaitement exploitées sur ce titre qui n’hésite pas à ralentir pour nous oppresser, renforçant le sentiment d’angoisse tout en développant sa rythmique imposante mais dissonante pour mieux exploser une dernière fois en rejoignant Languishing in the Perpetual Mire qui arrive très lentement. La violence prendra finalement le dessus par rapport aux tonalités lancinantes avant de laisser s’imposer à nouveau en développant un ton très sombre dans sa toile d’apathie que les grognements hantent naturellement, mais le mélange cède à nouveau à la folie et accélère progressivement pour devenir un bloc de noirceur protéiforme dirigé par une double pédale imprévisible avant une teinte plus mélancolique qui dessine la fin du morceau, bien plus apaisante. Le solo enivrant emporte le morceau dans le néant, mais Beneath a Crown of Anguish prend la suite en imposant son propre rythme où l’atonie répond à la virulence tout en profitant de parties vocales menaçantes où à l’inverse en intégrant des influences Heavy entêtantes qui se marient à la perfection tout en colorant la composition d’une teinte plus légère. Comme on s’y attend, le titre va tout de même retourner dans ses travers plus malsains et pesants, pour un final apocalyptique qui s’effondre avec un larsen, puis An Abhorrent Path to Providence prend le relai et nous ensevelit à son tour sous ses riffs tous plus lents et angoissants les uns que les autres, alternant double pédale et harmoniques enivrantes à différentes allures tout en insufflant une touche de mélancolie qui guide le titre à travers ses différentes vagues et les lie ensemble pour atteindre des poussées encore plus misérables pour finalement prendre fin dans une dernière danse.
Si Malignant Aura avait séduit la scène underground avec son premier album, Where All of Worth Comes to Wither ne manquera pas non plus de faire des émules ! Chaque riff est empli de tristesse, de lourdeur et d’intensité, créant ici trois quarts d’heure de son enivrant à souhait.
90/100