Review 3112 : Ensanguinate – Death Saturnalia

Le rituel d’Ensanguinate reprend.

Suite à son premier album en 2022, le groupe mené par A.C. (guitare/chant), G.C. (batterie), J.C. (guitare/orgue) et K.O. (basse) signe chez Soulseller Records pour la sortie de son deuxième album, Death Saturnalia.

Lámia nous accueille avec son piano, d’abord majestueux mais finalement très inquiétant et qui ralentit à l’approche d’Angel of a Thousand Poisons, une première composition massive qui nous explose en pleine tête avec des riffs virulents et des vociférations ravageuses. La rythmique effrénée laisse les mélodies cinglantes déferler tout en nous écrasant, ne ralentissant que pour proposer des touches malsaines ou donner naissance à un solo épique pour mieux revenir à sa hâte initiale et enfin atteindre On Wings of Bone qui suit le même chemin. On retrouve sur ce titre toute la fureur des musiciens qui osent même une pointe de mélancolie vers le centre en guise de flottement, puis qui repartent à toute allure pour laisser libre cours aux harmoniques tranchantes sur Rooted in Accursed Ground, développant des racines Old School accrocheuses mais également des mélodies entêtantes pour accentuer le contraste. Le final est plutôt calme bien qu’un peu angoissant, puis Savage Hunger Far Beyond lui emboîte le pas en conservant cette atmosphère pesante suivie d’une nouvelle déferlante où instrumentale comme parties vocales restent axés sur leur rage, nous autorisant tout de même une pause avant le solo. Gloaming prend le relai en incorporant une touche de Thrash remuante dans sa base déjà bien abrasive et qui n’hésite pas à abuser des leads perçants avant que le piano ne revienne sur The Whip and the Pendulum, nous offrant un court instant de calme avant que la saturation ne revienne. Si elle est d’abord assez lente, la rythmique ne va pas tarder à s’embraser et redevenir infernale, suivant son propre rythme et ses changements comme ce lent moment aérien suivi par les claviers, nous permettant de savourer le final vers Daughter to Cain, titre à l’approche presque militaire qui explose d’un coup et nous embarque dans sa charge effrénée qui se teinte en glas funèbre après un dernier instant de calme.

Si certains ne voient en Ensanguinate qu’une excellente déferlante de rage et de violence, il est facile de comprendre que Death Saturnalia est également un véritable cri de noirceur occulte. L’album trouvera sans mal son public.

85/100

English version?

Laisser un commentaire