
Converge en a encore sous le pied.
Cinq ans après sa collaboration avec Chelsea Wolfe, soit neuf ans après leur précédent album, Jacob Bannon (chant/basse), Kurt Ballou (guitare/choeurs/basse), Nate Newton (basse/choeurs/guitare) et Ben Koller (batterie) annoncent la sortie de leur onzième album studio, Love Is Not Enough, via Epitaph.

L’album débute avec la vindicative Love Is Not Enough, composition éponyme qui permet à la fois aux musiciens et au vocaliste de se déchaîner tout en suivant leurs racines Hardcore furieuses, recouvertes d’une touche dissonante et chaotique avant d’enchaîner avec la lourde et motivante Bad Faith. Les éléments Post-Harcore sont d’autant plus présents sur ce morceau, notamment sur les refrains plaintifs et les moshparts travaillées, puis Distract and Divide rejoindrais presque le cercle ultra-rapide et abrasif du Grind/Crust avec son tempo élevé et ses touches toutes plus violentes les unes que les autres. Même concept sur To Feel Something, la composition suivante qui abuse ouvertement d’harmoniques perçantes et dérangeantes pour nous rendre aussi fou que ses accélérations vers la minimaliste et très angoissante Beyond Repair. On reprend notre souffle tout en anticipant Amon Amok qui finit par s’écraser sur nous et nous proposer sa lenteur étouffante mais très régulière qui devient rapidement entêtante pendant que le sieur Bannon nous hurle dessus, n’accélérant qu’en passant à Force Meets Presence ou l’on retrouve cette folie caractéristique et expressive que l’on connaît du groupe. Puissance et riffs saccadés se mêlent naturellement avant de faire place à Gilded Cage qui adopte des tonalités bien plus planantes et groovy notamment grâce à la basse puis au chant clair, mais la saturation n’est jamais loin et elle ne se prive pas de teinter certains passages stratégiques. L’angoisse est permanente sur ce morceau, et les explosions sonnent presque comme une délivrance alors que Make Me Forget You nous emporte dans son tourbillon de leads enivrants qui joue avec l’énergie du désespoir et qui sonne parfois presque joyeux en dépit du message saisissant. Le morceau va grandir en vous et finalement toucher une corde sensible et s’éteindre doucement, rejoignant naturellement We Were Never The Same qui est sa suite directe, et s’oriente vers une atmosphère similaire très négative, très pesante, mais qui profite tout de même d’éruptions plus Old School et agressives pour montrer sa hargne par vagues, et ainsi clore l’album.
Chaque album de Converge a tout autant sa propre identité qu’un véritable point commun : l’intensité viscérale. Si certains titres de Love Is Not Enough sont des boules d’énergie communicatives, d’autres vont vous émouvoir par une autre forme de violence.
90/100
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