Review 3168 : Gaerea – Loss

Gaerea a terminé sa transformation.

Déjà largement amorcée avec son dernier disque, le groupe cagoulé mené par Alpha (guitare/chant), Rho (basse), XI (batterie) et Delta (guitare) s’ancrent définitivement dans une mixture plus moderne avec leur cinquième album, Loss.

Luminary propose quelques tonalités mystérieuses qui s’embrasent assez rapidement, et proposent des influences Metalcore, certes accrocheuses, mais qui changent radicalement de ce que l’on connaît du groupe. Les parties vocales sont également différentes, conservant certes principalement cette touche brute, mais passent même en chant clair lors de moments plus dissonants, s’éteignant totalement pour un break silencieux avant la dernière charge vers Submerged. Le titre est déjà connu, et même joué en live, mais il me surprendra toujours autant de par sa disparité entre les moments de fureur et les passages minimalistes qui interviennent naturellement et nous mènent à Hellbound, autre composition qui avait déjà fait couler de l’encre à cause de ses patterns saccadés, presque semblables à des moshparts, ainsi que son refrain beaucoup trop doux. On revient à l’agressivité avec Uncontrolled qui offre des touches de lourdeur intéressantes et qui contrastent avec les leads perçants, mais le mélange finit par fonctionner, en particulier sur les refrains alors que Phoenix place des touches plus plaintives, à la limite du Metal Alternatif qui sonnent assez étranges comparées à l’atmosphère du morceau entier. Cyclone enchaîne avec un petit moment de flottement guidé par le chant clair, puis retourne à ses vagues de violence habituelles, parfois un peu sombre grâce aux harmoniques, mais qui n’hésitent jamais à passer par des éléments plus aériens que l’on retrouve en partie sur LBRNTH. Le titre est bien plus court que les autres, offrant des touches brumeuses pour rejoindre Nomad qui développe des touches plus épiques et entêtantes avec une rage palpable, qui s’exprime assez différemment sur les refrains. Bien qu’il soit très calme, le break temporise à peine avant d’exploser à nouveau, rejoignant la longue Stardust et son introduction apaisante mais qui ne laisse aucun doute quand à son statut de balade : il sera balayé par la désormais habituelle patte du groupe, consistant en cette enchaînement de riffs massifs pendant que le vocaliste hurle, feignant de nous abandonner pour s’embraser une dernière fois jusqu’au final.

Je suis toujours mitigé après deux écoutes. Loss est loin d’être un mauvais album en lui-même, c’est le fait qu’il ait été fait par Gaerea qui me laisse perplexe. Le groupe avait annoncé changer de direction musicale, et c’est désormais chose pleinement faite et assumée.

70/100

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