Review 3169 : Woe – Legacies of Human Frailty

Woe entre dans une nouvelle étape de son existence.

Trois ans après avoir sorti son cinquième album, Legacies of Frailty, Chris Grigg (chant/guitare/basse/batterie/claviers) le réinvente avec l’aide de Matt Mewton (guitare, Belus, Glorious Depravity), John McKinney (basse, Glorious Depravity) et Mike “Megaton” Kadnar (batterie, Downfall of Gaia, So Hideous). Bienvenue à Legacies of Human Frailty.

Scavenger Prophets nous replonge immédiatement dans ce flot de froideur saisissante complété par les hurlements viscéraux de Chris, annihilant immédiatement toute tentative de résister à cet assaut entêtant. Les harmoniques prennent possession de notre esprit maltraité par la rythmique, se montrant de plus insistantes alors que les parties vocales se diversifient, laissant le break nous autoriser un temps de répit avant de rejoindre The Justice of Gnashing Teeth qui développe rapidement une atmosphère plus dissonante. Faite d’éclats et d’accélérations, la composition nous offre également des passages aux claviers plus majestueux, mais aussi de vagues d’une rage sombre qui sera à peine voilée par le passage central plus digeste, remettant le feu aux poudres pour intensifier les riffs avant de faire place à Fresh Chaos Greets the Dawn. Le titre était à la base le premier de l’album, et on retrouve cet enveloppement de claviers qui monte lentement mais se fait balayer par les ténèbres environnantes, encore plus présentes que sur le morceau d’origine et assurant une continuité avec le morceau précédent avant de nous confronter à la brutalité de Distant Epitaphs. Cette composition est bien plus abrasive, bien plus oppressante, tout en reprenant les éléments dissonants des morceaux précédents et l’évidente fureur dans la voix, ajoutant même quelques patterns Old School agressifs avant une cassure sur Shores of Extinction, qui démarre bien plus lentement, mais avec cette atmosphère toujours aussi malsaine. Le changement que j’avais remarqué sur le titre d’origine semble amené plus naturellement, comptant une fois de plus sur des harmoniques enivrante pour distiller sa nostalgie palpable avant de céder sa place au dernier morceau, Far Beyond the Fracture of the Sky, qui repart dans une véritable déferlante d’agressivité combinée à une touche presque chaotique, qui semble bouillonner de partout à la fois, et qui ne nous accorde pour seul répit que ce passage fait de claviers avant de s’embraser une dernière fois.

Si Legacies of Frailty était déjà un excellent album, Legacies of Human Frailty a une touche encore plus viscérale, plus naturelle. Woe l’a compris au fur et à mesure du temps, et a eu raison de s’adonner à l’exercice de l’aménagement, autant pour le live que pour marquer sa nouvelle identité.

95/100

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Interview à venir.

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