Review 3172 : Via Doloris – Guerre et Paix

Via Doloris voit le jour.

Créé par Gildas le Pape (guitare/chant/basse, anciennement live pour Satyricon), aidé de Frost (batterie, Satyricon, 1349, ex-Gorgoroth, ex-Keep of Kalessin…), le projet signe chez Season of Mist pour dévoiler son premier album, Guerre et Paix.

L’album débute avec la glaciale Communion, un titre qui ne laisse rien au hasard et développe habilement son atmosphère pesante, notamment grâce à des parties vocales rauques et des harmoniques dissonantes. La fureur de la rythmique rencontre un jeu plus aérien, proposant une approche entêtante qui aura tôt fait de captiver les amateurs de sonorités norvégiennes jusqu’au bout de ce titre, débouchant immédiatement sur Un Franc Soleil qui fait naître une certaine mélancolie. Le texte en français est parfaitement adapté à cette touche éthérée, à peine contrebalancée par le solo avant le break salvateur qui intensifie naturellement le retour avant de faire place à Omniprésents dont la brutalité nous apparaît sans attendre via le blast dévastateur, puis les rugissements bien plus virulents. On se sent littéralement enseveli sous cette avalanche de riffs, mais quelques accalmies sont tout de même à prévoir dans la tempête, comme les quelques choeurs ou les harmoniques lancinantes, puis For The Glory vient nous écraser avec une rythmique bien plus martiale. Les riffs auront tendance à s’apaiser par la suite, mais ils restent profondément marqués par cette étincelle belliqueuse qui repart de temps à autre sans jamais délaisser la trace mélodieuse tissée naturellement avant de finalement rejoindre la très longue Ultime Tourment. Totalisant plus de dix minutes, elle démarre plutôt lentement et avec une touche hypnotique qui s’embrase finalement pour devenir un son continu et pesant par vagues, s’approchant parfois même de tonalités médiévales dans les moments les plus violents, créant un contraste dans lequel on se perd aisément avant que le son ne se coupe net, faisant place à Visdommens Vei I. La fin de l’album se dessine avec ses mélodies dissonantes, parfois limite abrasives mais toujours glaciales qui emplissent notre esprit avant l’arrivée d’une rythmique et de parties vocales mystérieuses, presque mystiques lorsqu’elles sont doublées de choeurs ou de cloches d’église, puis c’est après un climax que Visdommens Vei II prend prend le relai, agissant en tant que dernier sursaut ritualistique pour nous accompagner vers l’inévitable silence.

Via Doloris s’est nourri de l’expérience de son créateur, naviguant entre plusieurs racines de Black Metal pour créer Guerre et Paix, un album riche et transcendant qui mérite bien plus d’une écoute pour saisir toutes ses nuances, autant les agressives que les planantes.

90/100

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