Review 3177 : Monosphere – Amnesia

Jamais deux sans trois avec Monosphere.

Près de trois ans après son dernier album, le groupe mené par Kevin Ernst (chant), Max Rossol (guitare), Valentin Noack (guitare), Marlon Palm (basse) et Rodney Fuchs (batterie) entre dans sa nouvelle ère avec son troisième album, Amnesia.

Collapse nous explose d’abord en pleine face, proposant un mélange hautement énergique de modernité, lourdeur et quelques éléments dissonants pendant que le vocaliste rugit, mais aussi des touches Metalcore plus vives et des racines Prog marquées, que ce soit dans les patterns travaillés ou les riffs syncopés. On enchaîne naturellement avec Anomia qui reste dans les mêmes tonalités, ajoutant des harmoniques criardes bien plus oppressantes qui complètent l’agressivité du morceau, mais il disparaît assez vite pour faire place à Nadir où le groupe renoue avec l’approche progressive, invitant Despite Exile à se joindre à eux. Si ce titre se hisse sans mal au rang des plus violents du groupe, il n’en reste pas moins travaillé, et possède une atmosphère assez pesante contrebalancée par des claviers plus aériens avant de laisser l’intrigante Allusion nous offrir un interlude mystérieux pour temporiser avant que Limbic ne vienne nous frapper. L’éruption contrôlée est du plus bel effet, ancrant presque le titre dans le Djent avec les moshparts saccadées, puis le groupe nous autorise à respirer à nouveau avec Idiomorph, rassemblant chant clair, tonalités planantes et éléments assez doux tout en accordant une place clé à la saturation pour intensifier son contraste. Le titre passe assez bien mais finir par s’enfoncer dans le silence avant de s’embraser en passant à Zenith et à sa rythmique furieuse qui s’autorise toutefois de très rares pauses et reste principalement axée sur la violence et ses formes changeantes à l’image du break à la basse qui va finalement se transformer en passage lancinant. On retrouve une touche fantomatique et cybernétique sur Engram, interlude assez minimaliste où le chant clair domine d’abord, puis fait place à des hurlements lointains qui prendront de l’ampleur sur Dissolve, dernière composition très théâtrale grâce aux orchestrations qui accueille également Mark Garrett (Kardavox Academy, Kardashev) pour renforcer l’assaut vocal, tout en permettant aux musiciens se dépasser pour rendre les presque dix minutes captivantes.

Bien que ses deux précédents albums soient déjà très travaillés, Monosphere est arrivé au sommet de son art sur Amnesia, mêlant habilement toutes ses influences pour enchaîner éruptions de violence et parties bien plus douces très naturellement.

90/100

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