Review 3198 : Antrisch – Expedition III: Renitenzpfad

Antrisch lève l’ancre.

Pour son troisième album, Expedition III: Renitenzpfad l’équipage composé de Maurice Wilson (chant), Robert Falcon Scott (guitare), « Otto Schmidt » (basse), Noel Ewart Odell (batterie) et Alexander Gordon Laing (guitare) a rejoint la flotte d’AOP Records.

Nous découvrons l’album avec Conquista – Prolog, premier titre qui débute par quelques mots en allemand rencontrant une douce mélodie, mais l’embrasement ne se fait pas attendre, et les hurlements accompagnent rapidement une rythmique furieuse. Les harmoniques finiront par apaiser la tempête, mais le vocaliste reste toujours autant possédé, offrant ses rugissements viscéraux à chaque instant alors que les riffs repartent de plus belle, ralentissant à nouveau pour ce break brumeux pour finalement laisser la guitare lead repartir à l’assaut vers Hidalgo infernal – Der baskische Wolf. L’atmosphère n’est pas la même, proposant des tonalités immédiatement plus oppressantes qui teinteront même les passages violents en vagues d’oppression parfois un peu lancinantes, ou même hypnotiques lorsque le son clair revient nous hanter avant la dernière charge, suivie par la captivante Nattern & Narren – Los Marañones I, composition théâtrale où les musiciens développent un son brumeux assez dissonant. Certaines parties plus martiales viendront tout de même rythmer la marche, imposant le break mais aussi l’accélération soudaine qui rejoindra Bittergruen – Los Marañones II, ou le climat est encore différent, mêlant mélancolie et lourdeur pendant que le vocaliste se déchaîne, offrant une performance riche et surtout très intense. Le contraste entre ses vocifération et l’attention apportée aux mélodies est parfait, mais c’est à nouveau le mystère qui s’impose à nous avec Abkehr – Non svfficit orbis, la plus longue des compositions et son introduction enivrante qui se transforme bien vite en voile de noirceur. La violence est souvent coupée par un calme inhabituel, faisant penser à un navire bloqué dans la tourmente puis à nouveau violenté par les éléments avant de retrouver le calme pendant le sample vocal, puis qui réouvre finalement les yeux sur Verschanzt – Perleneilandterror après une minute d’explications, et se retrouve une fois de plus assailli, que ce soit avec la batterie massive ou les riffs cinglants. Même les moments de flottement semblent pesants, inquiétants, et on se sent presque mieux dans les passages effrénés comme le dernier qui débouche sur Canis lvpvm edit – Wolfsfalle I Verratener Verräter et son bûcher, ultime étape de l’album et qui sait tout aussi bien mettre en valeur la quiétude que les riffs plus énergiques, mais qui finira elle aussi par être confrontée au silence.

Le voyage d’Antrisch est loin d’être un long fleuve tranquille. Extrêmement varié et rythmé, Expedition III: Renitenzpfad nous propose une véritable aventure dans la noirceur, mais aussi dans la douceur et l’inquiétude, mais aussi au sein de la rage saisissante qui animent les musiciens.

90/100

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