
Dawn of Ashes dissèque la douleur sur son nouvel album.
Intitulé Anatomy of Suffering, il est le douzième du projet mené par Kristof Bathory depuis 2001, et sort via Metropolis Records.

On démarre avec l’atmosphère déjà très oppressante de Throat Woven With Thorns, première composition qui prend le temps d’installer sa noirceur et de placer une voix samplée avant de devenir bien plus agressive, mêlant machines énergiques et rugissements morbides de Kristof. On note un contraste intéressant entre les claviers les plus majestueux et les parties vocales, mais la cohabitation violente est parfaitement gérée, tout comme sur Anatomy Of Suffering, le morceau-titre, qui nous autorise un temps de répit avant de revenir à ses tonalités Industrial massives. Le son reste épais mais accrocheur en toutes circonstances, s’ancrant dans l’angoisse lorsque la voix revient nous hanter, puis on se dirige vers une touche presque plus enjouée sur The Altar Of Sunken Wounds, contrastant toujours plus avec les ténèbres qui s’emparent de notre esprit via les sonorités électroniques. Le musicien s’autorise à temporiser avant de relancer l’assaut vers Viral Decay, composition bien plus virulente et énergique qui mêle habilement les influences les plus dansantes avec la tension ambiante (mention spéciale pour ce bruit de suffocation), alors qu’Echoes of Desolation s’annonce plus douce, presque même un peu mélancolique, agissant comme une sorte d’interlude apaisant. Nous accueillons ensuite Erica Dunham (Unter Null) pour Autopsy of A Spirit, titre lui aussi très entêtant et qui propose des nuances plus variées, dont certaines très planantes, puis c’est Johan Van Roy (Suicide Commando) que l’on réçoit sur Penumbra, composition assez mystérieuse. Les touches électroniques capturent et torturent sans mal notre esprit, nous rendant presque apathique sous leurs assauts alors que Beneath Thy Tongue, It Sleeps renoue avec une rythmique énergique et motivante qui nous fera remuer le crâne en quasi-permanence sous les vociférations de l’homme. Bien qu’un peu plus longue et comprenant des moments de flottement, Threading the Nerve s’axe sur une performance similaire, plaçant ses frappes bien plus motivantes entre deux nappes de douceur et progressant parfois lentement comme jusqu’à ce final martial qui disparaît peu et nous conduit à Autolysis, où le musicien invite Void Stasis et BlakMoth pour une dernière création bien plus étrange et mystérieuse, flirtant avec le Dark Ambiant et qui nous enivre une dernière fois pour finalement nous laisser dans le silence.
Dawn of Ashes a parfois changé de forme, mais montre avec Anatomy of Suffering que son retour à ses racines est une réalité. Angoisse, agressivité, noirceur et tonalités Industrial font définitivement très bon ménage.
90/100
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