Review 3219 : Dir en Grey – Mortal Downer

Dir en Grey - Logo

La créature aux multiples facettes nommée Dir en Grey est à nouveau en marche.

Passant par de nombreux styles allant du Visual Kei aux confins du Metal Extrême depuis sa formation en 1997, le groupe mené par Kyo (chant, Petit Brabancon, Sukekiyo), Kaoru (guitare), Die (guitare), Toshiya (basse) et Shinya (batterie) dévoile à l’aube de ses trente années de carrière son douzième album, Mortal Downer.

L’album débute avec ISOLATION, titre ajouté au dernier moment qui propose une introduction progressive, comme pour nous laisser nous accommoder à ce nouvel univers que propose les japonais avec une touche inquiétante maîtrisée d’abord assez mélodieuse, puis qui s’égare dans les tons Industrial bruitistes. L’atmosphère devient plus pesante avant que Kaijin ni Kisu ne dévoile un son lourd et saccadé où la voix de Kyo serpente entre les riffs, alternant entre murmures, cris et chant clair hypnotique, suivant la volonté de l’instrumentale torturée pour rejoindre la chaotique EN’EN, titre encore plus oppressant qui semble être un mélange des dernières influences Prog mêlées à une violence palpable. Le morceau nous prévoit tout de même quelques temps de flottement avant de revenir à son contraste initial, mais on passe assez vite aux tons modernes de Discard, composition suivante où l’on retrouve l’énergie de la période des années 2000 entre cris et parties assez brutes, tout en conservant les éléments travaillés notamment sur le solo dissonant. Le groupe surprendra avec un passage très aérien suivi d’un embrasement avant que Bloodline ne vienne apporter sa noirceur lancinante et faussement apaisante, laissant la section rythmique développer un groove enivrant qui porte les diverses influences développées par les guitares, aussi prévisibles qu’imprévisibles. Retour dans l’inquiétude avec There’s nothing else, titre où le vocaliste fait une fois de plus étalage de sa folie mais également de son talent pendant que ses camarades l’accompagnent avec une instrumentale pesante, mais on revient bien vite à une touche plus douce avec Hizumi to Ame, titre changeant qui s’assombrit de seconde en seconde pour devenir un véritable hymne de rage. Nouveau contraste saisissant avec The Devil In Me, titre déjà connu sous sa version promotionnelle en vidéo depuis près de deux années que le groupe a sensiblement allongé pour le rendre encore plus étouffant et agressif, mais qui s’apaise un peu sur ses derniers instants pour rejoindre MOBS où l’introduction nous laisse à nouveau respirer. Les connaisseurs reconnaîtront des touches Post-Rock originales de plus en plus pesantes, profitant des six minutes du morceau pour s’envoler librement et s’ouvrir à des éléments lumineux avant de rencontrer l’étrange Void, composition plus surprenante où le groupe joue une fois de plus sur la complémentarité de ses influences, passant naturellement d’un extrême à l’autre. Le son majestueux se transforme en complexité assez brute pour Demand et ses vagues d’agressivité contrebalancées par des passages très travaillés, puis on revient au son orienté Nu-Metal avec Kusabi et ses soubresauts. Le titre est assez court, tout comme ceux de l’époque, et fera le bonheur des amateurs de ces albums qui ont participé à forger la réputation actuelle du groupe, puis on passe à Moumoku ga Yue ni qui repart dans sa dissonance contrôlée qui laisse chaque membre suivre ses propres envies tout en restant dans une cohérence impressionnante. Nous atteignons non sans amertume no end, dernier titre qui affiche une mélancolie d’abord assez douce, puis finalement plus saisissante lors des passages imposants, renforcés par ce solo de violon grinçant, et enfin le silence.

Dir en Grey a toujours été un électron libre de la musique, alliant des touches contrastées, imposantes, agressives et parfois plus aériennes pour parvenir à ses fins. Si Mortal Downer est de loin l’un de ses albums les moins accessibles, il sait comment captiver son auditoire et donnera sûrement lieu à des performances inoubliables.

85/100

English version?

One thought on “Review 3219 : Dir en Grey – Mortal Downer

Laisser un commentaire