
Annulée puis reportée, la tournée de 1914 est enfin là.
Bien que leur pays soit en proie à des événements que nous connaissons tous, les ukrainiens ont enfin pu traverser les frontières pour célébrer la mémoire des soldats de la première guerre mondiale. Accompagnés par les danois de Katla, ils sont sur le point de prendre d’assaut le Backstage By The Mill sous la direction du général Garmonbozia Inc. !
L’attente fut longue, mais permet de discuter avant que les lumières ne s’éteignent, signant l’arrivée de Katla, qui défendent leur premier album Scandinavian Pain avec un son mi-mystique, mi-martial, puis enfin poisseux à souhaits, sous des lumières tout aussi sales. On sent que les trois gaillards sont heureux d’être présents ce soir, martyrisant leurs instruments respectifs sous les hurlements de Rasmus Bang (batterie/chant), parfois aidé par Theis Roed Stenberg Thorgersen (basse/chant) ou les harmoniques stridentes de Marc Christensen (guitare). Les prises de parole sont assez régulières, nous remerciant de notre présence ou annonçant l’arrivée d’Oleksa Fisyuk de 1914 à la guitare pour accompagner le trio l’espace d’un titre, et la salle commence peu à peu à se remplir, provoquant toujours plus de larges sourires sur les visages des danois. Mais bien que leur temps de jeu soit assez long pour un groupe d’ouverture, il n’est pas infini, et le batteur finira par lâcher “We’ve got two more songs… But they’re very long! Our friend Ole isn’t here, but we’ll play Taurus!”, titre où apparaît normalement Ole Luk d’Afsky. Et Rasmus n’a pas menti, puisqu’ils ne rendront les armes que plus de dix minutes après, sous des acclamations largement méritées.
Lorsque les lumières s’éteignent à nouveau, et que la bande retentit, tout le monde retient son souffle. Certains (dont je fais partie) ont attendu depuis des années, et les musiciens de 1914 montent enfin sur scène, lâchant leurs premiers riffs pendant que Dmytro Kumar (chant) les rejoint, drapeau de l’Ukraine à la main. Les lumières sont loin d’être plaisantes, et le public ne mettra pas longtemps avant de se décider à mosher sur les parties les plus violentes, comme pour illustrer la violence des paroles hurlées sous l’instrumentale impeccable à tous points de vue d’Oleksa Fisyuk (guitare), Armen Ohanesian (basse), Vitaliy Vygovskyy (guitare) et Igor “Reich” Kovalenko (batterie). Employer le mot “chaos” serait un euphémisme, car alors même que le deuxième titre démarre à peine, le vocaliste fend la foule, venant conter son histoire au sein même d’un public médusé devant tant de violence et d’intensité. Il hurle, pousse, rugit, puis rejoint la scène, nous laissant avec l’envie d’en découdre sous la rythmique virulente. Les accents Doom prennent des tonalités graves, presque solennelles, contrastant avec les influences Black et Death qui permettent aux spectateurs les plus excités d’ouvrir le pit, mais aussi furieux que soient les titres, le silence est total lorsque Dmytro prend la parole, nous racontant les horreurs qu’ils vivent dans leur pays : “three years ago they destroyed the school of my daughter…”, ou encore “they are fucking barbarians” destiné à l’armée de l’envahisseur. Et les applaudissements sont légions avant que les riffs ne frappent à nouveau, provoquant à nouveau quelques mouvements de foule, dont un slam que je me ferai un plaisir de renvoyer d’où il vient avant de continuer à profiter du spectacle. Mais avant la fin du concert, le vocaliste laissera la parole à son batteur, qui vit au Pays Basque, et qui nous remerciera non seulement de notre présence, mais aussi du soutien indéfectible de la France face à la situation de son pays, le tout dans notre langue. Un dernier titre, des acclamations chaleureuses qui mettent les larmes aux yeux des membres, puis un rappel encore plus sombre et violent, suivi de ces mêmes applaudissements, et l’escouade part de scène.
Setlist: War In (The Beginning of the Fall) (sur bande) – FN .380 ACP#19074 – Vimy Ridge (In Memory of Filip Konowal) – 1914 (The Siege of Przemysl) – 1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge) – 1918 Pt 1: WIA (Wounded in Action) – 1916 (The Südtirol Offensive) – 1917 (The Isonzo Front) – Passchenhell – War Out (The End?) (sur bande)
Rappel : A7V Mephisto
Ma patience a été plus que récompensée ce soir, vu la prestation incroyable qu’a proposé 1914, mais aussi par la tranche de graisse infernale de Katla ! Les deux formations ont offert un show dantesque à leur manière, et le Backstage By The Mill s’en souviendra à tout jamais ! Merci une fois de plus à Garmonbozia Inc., qui a fait carton plein !












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