Live Report : Harakiri for the Sky + Haeresis – La Machine du Moulin Rouge

Vous commencez à me connaître, j’ai besoin de ma dose annuelle d’Harakiri for the Sky.

Lorsque j’ai vu que le groupe revenait à Paris pour “Reliving the Trauma”, la tournée des dix ans de leur album III:Trauma, j’étais extatique. Ajouter à l’affiche Haeresis est la cerise sur le gâteau, cuisiné avec amour par nul autre que notre Garmonbozia Inc. !

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À l’heure prévue mais devant une fosse éparse, les lumières faiblissent, et les quatre musiciens d’Haeresis prennent place. Une formation classique, deux guitaristes, un bassiste et un batteur, qui proposent une introduction assez intimiste avant d’être rejoints par leur vocaliste, une jeune femme aux hurlements de banshee surpuissant qui fendent sans mal l’instrumentale, visiblement mal mixée. Les riffs s’étirent, profitant des racines Black Atmosphérique pour proposer des touches plus calmes avant de s’enflammer à nouveau, et nous constatons avec joie que le son s’améliore de minute en minute, pour finalement devenir bien plus imposant, à l’inverse des lumières qui nous mitraillent toujours les mirettes… Entre deux flashs, les silhouettes des musiciens se découpent comme des ombres mouvantes, et on remarque que l’un des guitaristes aide la demoiselle en hurlant à ses côtés, mais le sort réservé aux premières parties tombe vite : “this is our last song, thanks for being there and enjoying”. La dernière composition débute, et le public, bien plus conséquent mais surtout très attentif, profite des nuances ténébreuses et des parties vocales agressives, qui se muent de rares fois en complainte plus apaisante, puis les traditionnelles acclamations retentissent pour les allemands. Je me promets toutefois de revenir plus calmement à leur dernière sortie.

Setlist: Echoes of Ashes – I Who Repel All Light – Drifting Beyond Times Grasp – Eradicate Taciturnity

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Il est encore tôt lorsque la scène (bien plus dépouillée) est réaménagé pour l’arrivée d’Harakiri for the Sky, tapis de sol ornés des quatre lettres de l’acronyme du groupe compris. Un drap lumineux à leurs couleurs est aussi présent, et c’est sur un sample d’introduction très attendu que les musiciens entrent dans une configuration… inhabituelle. M.S. et Marrok (guitares) se placent chacun devant leur ampli respectif, Paul Farber (batterie) a son kit, et J.J. (chant) au centre, nous faisant ressentir la tension de l’ouragan à venir… et qui frappe immédiatement de plein fouet toute l’assemblée. Bien habitué de leurs shows (ce soir étant le huitième), je constate immédiatement l’attention supplémentaire apportée aux lumières, elles qui sont d’habitude chaotiques se trouvent ici beaucoup plus accessibles, proposant silhouettes nettes et même visages découverts par moments. Si le jeu de scène reste également le même (J.J. arpentant librement le centre de la scène et se retournant vers la batterie, laissant les guitaristes dans leur coin à headbanguer, pied sur le retour), l’absence du bassiste leur permet quelques interactions, comme ces harmoniques jouées côte à côte, ou même le chanteurau sol, à genoux, se relevant et vivant encore plus intensément la douleur de III:Trauma, qui sera ce soir joué en intégralité sans aucun mot entre les titres. Moment inattendu : en complément du chant clair de Davide Straccione sur Thanatos, J.J. et Marrok nous offrent un duo très doux et prenant, avant le retour de la rythmique saisissante qui ne manque pas d’exploser. Mon moment fort restera à n’en pas douter la divine et déchirante The Traces We Leave si chère à mon cœur depuis dix ans, mais aussi ce dernier passage de Bury Me où le vocaliste fend la foule, qui créera naturellement un petit cercle autour de lui, le laissant se mouvoir à sa guise, puis tombant littéralement au sol sur le coup de feu sample final… Un grand moment, aussi music la que symbolique, qui sera évidemment applaudi par toute la salle, ébahie devant une telle violence. 

Setlist: Calling the Rain – Funeral Dreams – Thanatos – This Life as a Dagger – The Traces We Leave – Viaticum – Dry the River – Bury Me

Il est encore tôt lorsque les premiers spectateurs sortent de la Machine du Moulin Rouge, et l’air parisien ne manque pas de nous ramener à la réalité… Que venons-nous de vivre? Un anniversaire d’une des heures les plus intenses auxquelles il m’ait été donné d’assister, avec en chef d’orchestre un Harakiri for the Sky plus vivant et expressif que jamais, mais aussi une très belle entrée en matière d’Haeresis qui donne envie d’en apprendre plus ! Merci une fois de plus à Garmonbozia Inc. pour ces quality time plus que nécessaires ! 

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