Review 3225 : Blindead 23 – Deuterium

Renaissance pour Blindead 23.

Après avoir existé sous le nom Blindead pendant près de 20 ans, le groupe polonais change de nom en 2022, puis sortira un EP deux années plus tard. En 2026, Patryk Zwolinski (chant, ex-Antigama), Mateusz Smierzchalski (guitare, ex-Behemoth) et Pawel Jaroszewicz (batterie, Patriarkh, ex-Antigama, ex-Batushka, ex-Hate, ex-Vader…), désormais accompagnés par Roger Öjersson (guitare, ex-Katatonia, ex-Tiamat), signent avec Peaceville Records pour la sortie de son premier album, Deuterium.

L’album débute très lentement et calmement avec Immersion I, première composition aux sonorités vaporeuses apaisantes qui nous bercent jusqu’aux premiers riffs qui explosent soudainement, créant un véritable mur aux racines Prog/Post-Metal qui rencontreront des parties vocales très différentes. Si les couplets accueillent du chant saturé, c’est avec une voix claire intense que les refrains se dévoilent, créant un contraste important mais aussi une complémentarité brouillée par des éléments plus bruitistes, puis c’est avec Immersion II que le groupe continue ses expérimentations musicales. Le titre démarre bien plus tôt, plaçant des riffs plus agressifs mais toujours aussi saccadés, soudainement adoucis par le chant clair et des mélodies hypnotiques, à nouveau balayées par des patterns explosifs et lourds à souhaits, mais aussi par un solo torturé et enfin un final pour le moins déroutant, à la limite du Drone. On enchaîne avec Wither, titre assez court qui nous laisse dans le silence pour faire apparaître ses premières notes sans prévenir, jouant entre tons planants et une basse assez agitée, mais on sent que l’atmosphère se tend, pour soudainement s’évaporer au profit de Worst Laid Plans, très longue composition qui démarre sur les chapeaux de roues avec des tonalités imposantes, suivies par d’autres plus agressives. Là encore, tout dans ce titre est imprévisible, que ce soit la rythmique qui change en quasi-permanence ou les harmoniques abrasives qui apparaissent quand bon leur chante, mais aussi le chant qui passe de grognements à des notes bien plus douces avant le break minimaliste, puis le retour oppressant de la saturation qui mêlera les deux voix dans la dissonance. Le final intrigant va finalement faire place à Deuterium, titre éponyme qui lui aussi débute calmement, mais qui nous expose à des sonorités infernales par la suite, jouant une fois de plus avec le contraste entre ses deux racines et rebondissant d’une à l’autre avant d’atteindre Towards The Dark. La mélodie qui nous parvient est parfaite pour captiver notre esprit pendant que les autres éléments s’installent, mais le ton s’assombrira pour développer une touche inquiétante avant de devenir un peu plus véloce, mais conservant la quiétude du chant pour rejoindre You Are The Universe, dernière composition qui va rapidement nous envelopper dans ce voile sonore de plus en plus oppressant, atteignant son point culminant vers son milieu, puis s’apaise progressivement à nouveau, laissant un piano clore l’album.

Blindead 23 a beau avoir mis un moment pour dévoiler son nouveau disque, la complexité des compositions est bluffante ! Attendez-vous à l’inattendu avec Deuterium, que ce soit dans la violence ou la quiétude !

85/100

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Interview à venir.

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