Review 3228 : Fall of Messiah – Green Lands

Fall of Messiah est prêt pour une nouvelle étape.

Fêtant ses vingt ans, le combo français mené par Sylvain Moulin (basse/chant), Martin Moulin (guitare/chant), Florent Gerbault (guitare) et Pierre Bailleul (batterie/chant) célèbre également avec Voice Of The Unheard Records la sortie de son cinquième album, Green Lands, mettant ainsi fin à sa trilogie.

On débute dans la douceur avec Tour de garde, un premier titre aux mélodies accueillantes et rassurantes qui s’intensifient lentement avant de se parer soudainement d’une saturation assez brute, mais pas si agressive, à l’inverse des parties vocales que nous découvrons tardivement. Le contraste est parfaitement géré, nous berçant jusqu’à passer sans même s’en rendre compte à Il faut passer l’hiver qui tisse naturellement son mélange aérien, laissant la batterie rythmer la marche et apporter la touche énergique qui manquait aux riffs infusés au Post-Metal jusqu’à ce climax explosif. Le reste du morceau redescend lentement jusqu’à Tired Hands qui prend la suite avec douceur. Là encore, c’est grâce à la batterie que la rythmique s’enflamme d’abord, puis avec le chant toujours assez lointain qui préfère finalement laisser la vedette aux leads perçants bourrés d’effets qui rejoignent Hourvari, nouveau titre assez lent et hypnotique lors de ses premières notes. Les cris plaintifs reviennent, teintant la mélancolie d’une certaine douleur, puis la saturation prend possession des riffs, permettant des vagues d’intensité palpables qui nous frappent de plein fouet avant de nous abandonner sur l’inquiétante Meadows, composition à l’atmosphère immédiatement plus sombre. Les instruments nous ballottent de notes en notes, ne nous laissant aucun temps mort pour reprendre nos esprits, offrant ce rôle à Old traces, un interlude épuré d’un peu plus d’une minute qui débouchera sur …New paths où on retrouve la dynamique précédente de saturation énergique et saisissante par moments. Pas de paroles, mais l’instrumentale est suffisamment parlante pour nous emporter sur Petrichor qui nous inonde sans tarder de touches planantes et dissonantes, suivies par des touches légèrement plus joyeuses sur le final, contrastant avec les patterns saccadés. On revient à la noirceur avec Tour de force, titre où le groupe accueille Antoine Mansion et Tommy Hampshire de Chalk Hands au chant, ainsi que Fabien Verwaerde à la trompette, créant de ce fait un orchestre inattendu mais engagé pour donner vie à leur tornade de notes maussades avant qu’A joy of lesser means ne mette un terme à l’album non sans nous autoriser une dernière fois à contempler ce paysage déchiré entre ombre et lumière, moments de calme et vagues d’énergie, ainsi que quelques touches vocales encore plus saisissantes.

Bien que j’aurais préféré entendre un peu plus ses complaintes, Fall of Messiah nous offre une poignée de titres à la fois pesants, planants et très expressifs. Green Lands est un album à réserver aux connaisseurs du Screamo/Post-Hardcore, mais il est assuré de rencontrer un franc succès.

75/100

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