Review 3240 : Wrang – Verwording

Wrang sort de sa tanière.

Deux ans après son dernier EP, le duo Galgenvot (chant/guitare/basse, Nevel, Sarastus…) et Valr (batterie, Bodyfarm, Deathless Void, Weltschmerz…) revient avec son troisième album, Verwording, qui sort chez Dominance of Darkness Records.

L’album débute sans attendre avec Stilstand, premier titre aussi glacial qu’agressif ancré dans des racines Old School, exploitant ses tonalités cinglantes à chaque instant pendant que les parties vocales intenses se greffent au mélange furieux. On notera une large diversité de cris, allant des grognements habituels du style à des parties bien plus viscérales qui s’allient aux mélodies enivrantes avant de passer à celles toutes aussi perçantes de Entartete kunst, morceau suivant qui démarre lui aussi sur les chapeaux de roues. La rythmique se veut encore plus brute, usant de dissonance pour compléter sa fureur évidente et communicative, mais on remarque également quelques touches de Heavy dans le solo avant la partie finale qui rejoint Nachten in Walheim, titre encore plus virulent qui n’hésite pas à proposer un tempo élevé afin d’intégrer des influences Pagan. Le vocaliste se déchaîne à nouveau, plaçant des parties terrifiantes alors que les riffs nous flagellent en continu avant de finalement s’apaiser pour cette douce outro avant de s’embraser à nouveau sur Voor ons de zee, titre plus lent mais plus lourd et imposant. Les mélodies aériennes contribuent à cette atmosphère plus accessible qui flirte avec le Doom, et qui n’hésitera pas à s’emporter à nouveau grâce à la double pédale ainsi qu’au blast, suivant la puissance du vocaliste, mais le titre reste assez court, cédant sa place à la noirceur de De duivel is de ander qui lui emboîte immédiatement le pas. On y retrouve toute la profondeur d’une violence déchaînée, mais aussi les mélodies plus entêtantes qui l’encadre avec brio, reprenant des tonalités plus saccadées dans cette course vers le final, véritable point culminant de l’album avant Bitjebauw, dernière très longue composition qui prend le temps de nous offrir un moment de répit en compagnie de corbeaux sur son introduction avant de rejoindre sa rythmique plus vive ponctuée de touches élégantes, créant un somptueux contraste avant que les influences DSBM saisissantes ne se fassent encore plus présentes, intégrant même des orchestrations pour rendre le final encore plus prenant.

Wrang réussit une fois de plus à transformer son Black Metal pur jus en un mélange d’influences aussi dévastateur que saisissant. Si ses racines sont bel et bien ancrées dans la noirceur, le groupe sait parfaitement comment naviguer entre ses différentes nuances sur Verwording.

95/100

English version?

Laisser un commentaire