Live Report : Hypocrisy + Abbath + Vreid + Vomitory – La Machine du Moulin Rouge

Si chacun aura ses préférences ce soir, lorsqu’Hypocrisy annonce une tournée, on sait que le public répondra présent !

Accompagné de trois autres formations légendaires que sont Abbath, Vreid et Vomitory, les suédois investissent sous le radar de Garmonbozia Inc. la fameuse Machine du Moulin Rouge ! Que demander de plus pour finir le mois d’avril ?

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On attaque avec un peu d’avance sur l’heure prévue avec le set de Vomitory, sur un espace de jeu très réduit : la batterie est placée sur le côté, en hauteur, mais peu importe, les quatre gaillards prennent place pour ce que l’on appelle dans le langage courant une véritable leçon. Le son est propre, retranscrivant toute la violence de la scène suédoise tout en accordant quelques passages bien plus mélodieux, les lumières sont curieusement clémentes, et les quatre gaillards restent principalement cantonnés sur leur emplacement, se reculant un peu pour headbanguer lorsqu’ils ne chantent pas. Entre deux titres, Erik Rundqvist (basse/chant) harangue gentiment à coups de “You want more Swedish Death Metal?”, ajoutant même “This one is for Chuck Norris” à l’annonce de Rage of Honour, et le public, déjà massé malgré l’heure, répond vocalement par la positive, mais reste un peu timide. Huit titres, une demie heure de pur carnage.

Setlist : Revelation Nausea – Terrorize Brutalize Sodomize – For Gore and Country – Rage of Honour – All Heads Are Gonna Roll – Wrath Unbound – Regorge in the Morgue – Chaos Fury

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Après un rapide changement de plateau et une longue introduction, Vreid est sur scène, déjà prêt et motivé, au vu du “Good evening Paris, it’s so great to be back after many years!” que lâche Sture Dingsøyr (guitare/chant) alors que la rythmique de Speak Goddamnit emplit déjà la salle, envoûtant une assemblée captivée. Le Sognametal est visiblement toujours aussi populaire auprès du public parisien, et ce ne sont les quatre norvégiens très mobiles qui pourront dire le contraire vu comment la fosse lève poings et cornes à chaque fois qu’ils s’avancent. Côté lumières, j’ai connu pire, mais les lumières mettent plutôt bien en valeur les parties les plus virulentes de leurs morceaux, mais également les plus douces commes celles de Pitch Black (dédiée à Ozzy) ou Into the Mountains (dédiée à Abbath). Le show est fluide, et les quelques prises de paroles permettent de respirer avant d’encaisser Lifehunger, le dernier morceau de leur set, qui bien que très fédérateur marquera la fin d’un set mené à la perfection de bout en bout.

Setlist : Speak Goddamnit – Pitch Black – The Skies Turn Black – Into the Mountains – From These Woods – Lifehunger

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L’énorme logo d’Abbath (qui occupe facilement les deux tiers du milieu de scène) est enfin dévoilé, et avec lui arrive le duo qui forme mon pire ennemi en concert : la fumée et la lumière rouge épaisse… C’est donc avec cette superbe atmosphère propice à la rage et à la guerre que le groupe arrive, Ukri Suvilehto (batterie) toujours perché sur la gauche, Ole André Farstad (guitare) et Andreas Fosse Salbu (basse) motivant déjà la fosse, puis enfin Olve “Abbath” Eikemo (guitare/chant) qui lance le début des hostilités et réveille le public qui… se met à mosher n’importe comment. Ayant senti le coup venir, je constate de mon perchoir le chaos, que ce soit dans la foule ou sur scène, et je tente de prendre les silhouettes des musiciens, puisque l’on ne voit que cela, mais le son est encore une fois très bien mixé, et on ressent toute la virulence du Black Metal, suivi de la froideur lorsque l’homme et ses acolytes retournent sur la période Immortal. Entre les titres, quelques “Ça va?” ou “Ça va bien?” sont à peine lâchés, le vocaliste se contentant de présenter (ou non) rapidement les morceaux avec quelques grimaces qui font partie intégrante de son jeu de scène, et le public en redemande, ne se privant pas pour tourner ou se rentrer dedans à chaque fois que le blast est présent. Je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi la moitié de la foule s’est mise à sautiller après qu’Abbath n’ait déclaré “It’s a song about international conflicts” pour présenter Winterbane, mais c’est probablement parce que je suis trop vieux pour apprécier les choses simples de la vie ! Quoi qu’il en soit, Abbath a largement convaincu ce soir, au vu des acclamations qu’il a récolté.

Setlist : To War! – Hecate – Acid Haze – In My Kingdom Cold (Immortal cover) – Tyrants (Immortal cover) – Ashes of the Damned – The Artifex – Dread Reaver – Winterbane

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La scène est dépouillée, les écrans sous la batterie (enfin de retour au centre de la scène) sont armés, les lumières s’éteignent… Et le show débute déjà, car les quatre membres d’Hypocrisy sont déjà sur scène à torturer leurs instruments ! Au centre, Peter Tägtgren (guitare/chant) nous propose une performance déjà grandiose, entouré par Mikael Hedlund (basse), Tomas Elofsson (guitare) et Henrik Axelsson (batterie) qui headbanguent en jouant, alignant une rythmique impeccable en toutes circonstances. Si guitariste et bassiste n’hésitent pas à intervertir de place (donnant parfois lieu à un léger embouteillage lorsque le maître de cérémonie se recule), Peter n’est pas en reste, allant proposer certaines parties instrumentales devant un public tout aussi déchaîné que sur le show précédent. Mais le fait de s’avancer autant aura donné des idées à la fosse, puisqu’un slameur s’annoncera, réveillant instantanément le technicien qui tente de le faire reposer au sol, interpellant même la sécurité pour enfin arriver à ses fins. Sur scène, le son est parfait, et bien que les lumières ne soient bien trop vives pour nous permettre de profiter pleinement, les écrans servent vraiment, affichant quelques éléments visuels intéressants, comme des flammes ou “System Failure” à des moments critiques. “We’ll play some old shit, some new shit and some pure shit” ironise le vocaliste entre deux titres, et il n’a pas menti, car si on retrouve trois titres de Worship, leur dernier album, nous aurons aussi droit à trois morceaux d’Abducted, album qui fête ses trente ans cette année, ainsi que trois de mes titres favoris : l’intense et dévastatrice End of Disclosure où il nous montre l’étendue de ses hurlements, la plus douce Eraser et ses touches aériennes, mais aussi la virulente Adjusting the Sun ! Un véritable show best-of auquel s’ajoutent trois morceaux lors du rappel (ainsi qu’un sample), qui font eux aussi partie des incontournables de la discographie des suédois, qui seront plus qu’acclamés et qui nous promettent de revenir.

Setlist : They Will Arrive – Fire in the Sky – Inferior Devoties – Chemical Whore – Carved Up – Children of the Gray – End of Disclosure – Killing Art – Eraser – Deathrow (No Regrets) – Adjusting the Sun
Rappel : Fractured Millennium – Warpath – The Gathering (sur bande) – Roswell 47

Entre Black et Death Metal, tout était réuni pour que le dernier show de la tournée Mass Hallucination Tour 2026 soit un succès ! Si Vomitory a convaincu avec sa brutalité suédoise, c’est sur une touche plus mélodieuse que s’est illustré Vreid, avant le show martial et sans compromis d’Abbath, suivi du triomphe d’Hypocrisy et son Death Mélodique cinglant. Merci à nouveau à Garmonbozia Inc. pour avoir fait de cette soirée un moment d’anthologie !

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