Review 3242 : At the Gates – The Ghost of a Future Dead

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At the Gates nous offre son chant du cygne.

Pionnier du Death Mélodique suédois, le groupe mené par Jonas Björler (basse, The Haunted), Adrian Erlandsson (batterie, The Haunted, The Lurking Fear, ex-Brujeria, ex-Cradle of Filth, ex-Paradise Lost…), Anders Björler (guitare, ex-The Haunted, ex-Pagandom) et Martin Larsson (guitare, Agrimonia, Skitsystem, ex-Bombs of Hades) nous offre en 2026 son huitième album, The Ghost of a Future Dead, quelques mois seulement après le tragique décès de son emblématique vocaliste, Tomas “Tompa” Lindberg (ex-Disfear, ex-Lock Up, ex-Nightrage, ex-The Lurking Fear…).

L’album débute avec The Fever Mask, titre où les claviers sont signés Charlie Storm, et qui nous prouve immédiatement deux choses : les racines du Death Mélodique sont toujours présentes, mais elles sont bien plus sombres qu’à l’accoutumée. La voix si reconnaissable de Tompa est plus furieuse que jamais sur ces riffs dévastateurs, proposant des leads entêtants à souhaits avant que The Dissonant Void ne prenne la suite, tissant sa mélancolie avec une touche d’oppression pesante. Là encore, les parties vocales ont cette mélancolie palpable et si communicative qui nous emporte vers Det oerhörda, titre majestueux et théâtral chanté en suédois sur lequel le groupe accueille Fredrik Wallenberg (Skitsystem, ex-Sarcasm, ex-The Lurking Fear…) pour soutenir son camarade en hurlant à ses côtés. L’atmosphère est encore plus ténébreuse, mais toujours aussi fédératrice, alors que l’on retrouve la touche Old School agressive sur A Ritual of Waste, composition suivante aux riffs saccadés qui happent notre attention, proposant quelques passages plus doux pour nous laisser respirer avant de reprendre plus intensément. On enchaîne avec In Dark Distortion, titre assez similaire qui reste ancré dans ses harmoniques mélodieuses tout en assurant une base efficace pour nous permettre de remuer le crâne, puis c’est avec Of Interstellar Death que le groupe attaque, proposant un tempo un peu plus élevé pour permettre à ses riffs de rester énergiques en permanence. J’ai l’impression d’avoir toujours connu ce morceau tant il me semble familier, que ce soit au niveau de la rythmique ou des arrangements, qui finiront par céder leur place à Tomb of Heaven et sa froideur enivrante, où noirceur et tonalités imposantes se rencontrent habilement. Nouvelle vague de violence avec Parasitical Hive qui prend le relai, plaçant cette touche entêtante à une composition déjà solide et accrocheuse bien qu’un peu moderne côté mixing, mais le break nous ramène au son planant avant d’enchaîner sur The Unfathomable, qui lui aussi possède cette atmosphère presque familière alors que l’on découvre le titre pour la première fois. Le solo viendra apporter un sursaut inattendu, puis c’est avec The Phantom Gospel que nous nous faisons piétiner une fois de plus, affichant une touche lourde et groovy à laquelle il est impossible de ne pas succomber, tout en savourant les guitares travaillées. Gunnar Hjorth rejoint le groupe pour Förgängligheten, composition instrumentale d’abord entièrement acoustique à la mélancolie évidente, renforcée par la guitare lead qui déverse son chagrin, puis Black Hole Emission fond sur nous, dernier témoignage de la fureur et de l’intensité de ses créateurs, et qui offre un solo émouvant avant de rendre les armes.

L’an dernier s’éteignait un des meilleurs vocaliste, et bien qu’At the Gates soit déjà mondialement connu, le groupe nous avait réservé une dernière surprise. The Ghost of a Future Dead est évidemment un excellent album, je n’en avais aucun doute, mais l’intensité est plus que présente. RIP monsieur Tomas “Tompa” Lindberg.

95/100

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