
Toutes les bonnes choses ont une fin, et celle de Svalbard était annoncée.
L’an dernier, le groupe avait annoncé sa prochaine dissolution, mais pas sans quelques dernières dates, dont une à Paris, à Glazart ! En compagnie de Lugosi – groupe local dont le nom ne m’est pas inconnu et dont la description me plaît déjà – les anglais viennent pour un dernier au revoir.
On débute donc avec Lugosi, quintet parisien dont la musique prend immédiatement aux tripes de par sa sincérité et son intensité, mais aussi grâce à un contraste parfaitement géré entre violence viscérale et douceur enivrante. Dans la plus pure tradition du Screamo/Post-Hardcore, Pieriv (chant) n’hésite pas à hurler, parler, se cabrer ou se mettre à genoux pendant que ses camarades alimentent la virulente mélancolie auditive qui nous entoure à chaque instant, profitant des pauses entre les morceaux pour remercier “les travailleurs et travailleuses”, puis l’organisation qui les accueille ce soir. Les lumières aussi se mettent à la mode du chaos organisé, offrant parfois flashs ou changements qui accompagnent les riffs, et deux nouveaux morceaux seront joué ce soir, Kate Whispers et I Must Be Fine, mais le titre qui m’a le plus marqué est le dernier, I Wish, hymne au soutien contre la dépression, décrite comme “un truc qui nous frappe tous et toutes, nous les premiers” par le vocaliste, et à l’issue duquel lui et son bassiste iront terminer le show dans la fosse, pendant que les autres membres donnent tout ce qu’ils ont pour un final d’une intensité rare. Une merveilleuse découverte !
Setlist : Ghosts – And Nothing Hurt – The Naked King, Pt. 2 – Matches – Kate Whispers – Another Downer – I Must Be Fine – The Fire – I Wish
A peine le matériel du groupe précédent rangé, les quatre musiciens de Svalbard s’installent, font leurs derniers réglages, faisant face à un public visiblement plus que ravi d’être là ce soir. Les lumières s’éteignent, et le show commence à pleine puissance, avec toujours cette touche personnelle : Liam (guitare/chant) remue comme un beau diable, attendant son tour pour hurler, Mark (batterie) tabasse son kit, Matt (basse) headbangue, affichant un visage concentré, et Serena (guitare/chant) rugit tout en lâchant ses harmoniques enchanteresses. Ce soir est ma sixième des anglais, et même si le jeu de scène ne change pas, dévoilant une sincérité constante et touchante, nous savons tous que cette heure va passer en un éclair, et je ne me prive pas de profiter entre deux photos, remuant le crâne, hurlant les refrains, sans jamais regarder ce qui se passe derrière moi… Open Wound prend une toute autre dimension, If We Could Still Be Saved sonne aussi amère que délicieuse, et même si la guitariste fera recommencer Faking It suite à un léger souci technique, chaque note nous enchante à sa manière. Entre deux titres, elle n’hésite d’ailleurs jamais à lâcher “Bonsoir mes amis c’est un plaisir d’être avec vous ce soir” ou “Paris, je t’aime !” avec le sourire aux lèvres, avant d’ironiser avec “this song is also a song about depression”, laissant finalement la musique parler pour elle. Mais comme nous l’avions pressenti, le temps de jeu du groupe file à toute allure, et c’est après un “Thank you for making our last time in Paris, the best time in Paris” qui me met les larmes aux yeux que le dernier morceau est joué, suivi d’applaudissements et d’une sortie de scène… puis d’un rappel inespéré avec Grayscale, titre où là non plus, je n’ai absolument pas prêté attention au public, qui savoure d’un seul homme la dernière des dernière, et qui finira par rattraper Serena qui s’élance pour rejoindre le merch en slammant, suivie par Matt, lancé par Liam, sous des acclamations plus que méritées.
Setlist : Disparity – Open Wound – To Wilt Beneath the Weight – Unpaid Intern – Defiance – If We Could Still Be Saved – Faking It – Throw Your Heart Away – Lights Out – The Damage Done – For the Sake of the Breed – Eternal Spirits
Rappel : Grayscale
Il n’y a pas véritablement de mots pour décrire la soirée, tant elle fut parfaite de bout en bout, que ce soit avec l’ouverture intense et touchante de Lugosi ou l’ultime prestation déchirante de Svalbard. Merci à Valérie et Liam pour leur confiance, ainsi que l’accréditation photo. Merci à Lugosi pour la découverte, et à Svalbard pour ces quinze années de mélancolie virulente brillamment mise en musique.














