
Harms vit la froideur.
Créé en Finlande en 2017, le groupe mené par Juho Haikonen (basse), Jussi Loiri (guitare/claviers), Viljami Rings (batterie), Visa Tuovinen (guitare/chant) et Jussi Tyrisevä (chant) signe chez Time to Kill Records pour la sortie de son deuxième album, Rebirth of the Cold.

L’album s’ouvre en douceur avec Endlessness, introduction aérienne où le vocaliste finira par intervenir, teintant la mélancolie d’une touche plus brute avant de rejoindre Serpentine Calling, titre très agressif et saccadé qui se montre quelque peu imposant, presque même majestueux lorsque les hurlements ne nous rappellent pas sa violence. Le morceau est assez court, mais son intensité marque avant le moment de flottement qu’offre True night falls, tissant bien plus progressivement son oppression avec des tonalités lourdes et dissonantes pour les rendre plus pesantes, telle une plongée dans l’obscurité. Le morceau freine, puis recommence à croître pour nous offrir une deuxième vague qui rejoint Flowerless grave, composition un peu plus lente ancrée dans des tonalités Post-Metal froides et mécaniques que les cris hantent peu à peu, mais une voix féminine viendra inverser la tendance, rendant le break plus doux tout comme le final, puis un violon nous présente A lifetime spent on dying, le titre suivant. Une fois sa sérénade terminée, la saturation revient s’imposer d’un seul coup, offrant des touches Doom enivrantes qui – alliées aux parties vocales viscérales – prennent des allures presque solennelles, permettant à la rythmique de ralentir, mais surtout de s’enflammer pour un final intense avant que Rupture ne nous dévoiles des influences Post-Black cinglantes et virulentes. L’allure endiablée colle parfaitement à cette atmosphère mi-tranquille, mi-alarmiste, permettant aux musiciens de revenir à cette touche saccadée qui nous matraque l’esprit avant un court moment de relaxe, puis la nouvelle accélération nous conduit à ce final menaçant. Le son renaît avec Essence of sorrow, titre d’abord assez doux qui s’autorise quelques écarts plus puissants tout en conservant sa part vaporeuse, s’alliant même sur la fin à nouveau avec le violon, puis on passe à Apollonia qui se montre à la fois mystérieuse et en même temps assez épurée. La rythmique explose de temps à autre, servant de base aux cris des vocalistes qui cheminement naturellement vers Cold aeon of time, dernière éruption de fureur aux multiples influences qui laisse une place à des claviers mélodieux et entêtants pour contrebalancer la violence et les racines Black furieuses avant de s’éteindre définitivement.
Je n’avais jamais entendu parler d’Harms auparavant, et je ne peux que me féliciter d’avoir tenté l’expérience ! Rebirth of the Cold fait partie de ces albums inattendus qui développent une touche planante et saisissante à souhaits sans revendiquer d’étiquette précise.
90/100