
A Forest of Stars brille à nouveau.
Composé de Curse (chant, The Water Witch), John « The Resurrectionist » Bishop (batterie, The Water Witch, Arkanar), Titus Lungbutter (basse, Roots Entwined), Katheryne « Queen of the Ghosts » (violon/flûte/chant, The Water Witch, ex-My Dying Bride), TS Kettleburner (guitares, The Water Witch, ex-Electric Mud Generator), William Wight-Barrow (guitares) et The Gentleman (claviers/percussions, Deus Vermin), le groupe sort en 2026 son sixième album Stack Overflow in Corpse Pile Interface chez Lupus Lounge.

Nous débutons dans l’inconnu avec les sonorités mystérieuses de Ascension of the Clowns, première composition qui démarre assez lentement, mais qui nous envoûte très naturellement avec ses tonalités aériennes avant de laisser la saturation et les éléments plus agressifs intervenir, notamment ce chant à la limite du désespoir. Non habitué du groupe, je note les nombreux changements qui déboulent tour à tour dans la rythmique, multipliant les passages menaçants entre deux moments de calme, dont le dernier mène sans prévenir à Street Level Vertigo, où la voix reprend, d’abord plus apaisée puis cédant une nouvelle fois à la panique qui l’envahit. L’atmosphère devient elle aussi de plus en plus irrespirable avant de soudainement devenir vaporeuse, se laissant corrompre par des touches Blackgaze/Prog pour accueillir la voix de Queen of the Ghosts, bien plus douce que celle de Curse, teintant ainsi le morceau de ce voile de douceur avant que l’homme ne revienne pour noircir la fin du morceau avant de passer à Mechanically Separated Logic. Là encore, le titre démarre sur les tonalités Avant Gardistes, les exploitant avec une progression complexe mais somme toute assez habituelle si j’en crois les deux morceaux précédents, et bien que je sois surpris par l’embrasement, il reste très agréable, tout en se laissant accompagner par quelques sonorités plus orientées Folk et accessibles, mais le vocaliste reviendra rythmer le passage à Roots Circle Usurpers, titre bien plus mélancolique mais tout aussi imprévisible. Chant et racines Black pesantes apparaissent d’un seul coup, nous laissant progresser à leurs côtés avant de se taire au profit d’une courte vague de douceur puis revenant s’imposer à nouveau jusqu’à la fin, où aux “I’m not I” effrayants succèdera Sway, Draped in Vague et son introduction très minimaliste, à laquelle se joindra la chanteuse. Une touche symphonique nous happe, puis invoque les voix masculines qui assombrissent à leur tout l’ambiance en la rendant mystérieuse et même très surprenante, à commencer par la partie de Prog pure qui sévit au centre du titre avant de rendre la primeur à la violence, qui désertera avant que ne débute Not Drinking Water, la dernière composition au début abrupt, mais qui va cette fois très naturellement tisser sa progression entre ombre et lumière, toujours avec ce très théâtral vocaliste qui mène la danse jusqu’au centre des quinze minutes, laissant l’instrumentale oeuvrer à nouveau jusqu’aux dernières notes.
J’ai rarement été autant surpris par un groupe que par A Forest of Stars ! Si le groupe sait parfaitement ce qu’il fait avec Stack Overflow in Corpse Pile Interface, l’auditeur novice dans leur art que je suis a parfois été perdu, mais j’ai toujours réussi à me raccrocher aux branches !
75/100