Review 3256 : Galibot – Catabase

Galibot est en pleine évolution.

Suite à sa signature chez Les Acteurs De L’Ombre et à la métamorphose de son premier album, le groupe composé de Diffamie (chant), Thomas Deffrasnes (guitare/chant), Clément Joly (basse) et Robin Grabmann (batterie) et Julian Baquero (guitare), le groupe dévoile son nouvel album, Catabase.

L’album s’ouvre avec Catabase, titre éponyme qui ressemble à une introduction rapidement angoissante qui se transforme en vague de noirceur planante et accrocheuse qui nous transporte sans mal dans l’univers torturé du groupe avant de rejoindre Jeanlin, où les premières parties vocales apparaissent. Principalement torturées et viscérales, elles laissent place à quelques touches claires plus douces le temps d’une complainte avant de revenir à leur forme plus brute, accompagnées par des riffs virulents avant de rejoindre la toute aussi violente Bleu Noir Rouge, symbole évident des mines du Nord de la France. Là encore, on ressent une fureur expressive à chaque instant, même lors des longs passages mélodieux qui finiront par se transformer en rythmique presque martiale, puis dissonante, et enfin majestueuse avant de s’ancrer dans le désespoir sur Voreux, titre suivant bien plus pesant. Les deux voix s’allient pour renforcer leur présence dans cet univers chaotique, renforçant l’aspect monstrueux de la rythmique dont elles s’échappent avant de rejoindre Baptise Terre, qui démarre avec un son étouffant, puis qui s’apaise d’un coup et nous laisse reprendre notre souffle et s’intensifie doucement. La saturation brumeuse gagne du terrain jusqu’à devenir omniprésente et finalement nous abandonner sur Pénitent où la violence refait surface avec une touche Old School, à son tour brisée par le chant clair rassurant gui dompte les riffs, puis les autorise à repartir à toute allure. Le son abrasif ne va toutefois pas durer longtemps, passant rapidement le relai à la lancinante Les Montagnes Poussent Sous Terre, titre plus long et plus lent qui nous enferme d’abord dans son voile hypnotique avant de revenir à des éléments plus énergiques, créant un contraste onirique des plus savoureux. On notera une nouvelle pause avant de rejoindre Estaminet, Pt. 1, annoncé par le sample précédent qui nous emporte facilement dans sa rythmique tourmentée aux harmoniques entêtantes, puis les deux voix nous guident dans le chaos ambiant tout en alimentant la ferveur belliqueuse pour rejoindre Terril, où le son explose d’un coup. Nous contant un autre pan de leur histoire, le groupe retourne à ses racines atmosphériques infernales non seulement avec des riffs déchirants, mais aussi avec un sample glaçant qui crée certes une pause bienvenue, mais qui embrase encore plus le son dévastateur jusqu’à ce que Saint Cordon ne prenne le relai. Le repos est de très courte durée, puisque la rythmique redevient à peine soutenable, tissant ici aussi ses leads cinglants qui nous fouettent les tympans avant d’être une fois de plus apaisées par Mesektet, titre où se développe une part plus planante malgré ses éléments agressifs, alimentant en continu ce contraste enivrant dans lequel on se perd une dernière fois avant d’affronter le silence.

Galibot m’avait déjà fait très forte impression avec l’évolution de son premier album, mais Catabase est tout simplement bluffant. En plus d’une identité forte et d’un thème très rarement exploité dans le Black Metal, les compositions sont extrêmement vivantes, et témoignent déjà d’une grande maturité musicale.

95/100

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