
Dimmu Borgir a été invoqué.
Huit années après sa précédente cérémonie, le groupe mené par Shagrath (chant/orchestrations, Chrome Division, ex-Ov Hell) et Silenoz (guitare, Insidious Disease), aidés par leurs membres live Kjell “Damage” Karlsen (guitare, Chrome Division, The Cult of Destiny), Victor Brandt (basse, Eldfödd, Firespawn, Witchery, ex-Entombed, ex-Entombed A.D.), Geir Bratland (claviers, ex-God Seed, ex-Apoptygma Berzerk, ex-The Kovenant) et Daray (batterie, Masachist, Symbolical, ex-Vader, ex-Vesania…), collaborent à nouveau avec Nuclear Blast pour la sortie de leur onzième album, Grand Serpent Rising.

L’album débute par l’introduction mélancolique de Tridentium, première composition qui prend le temps de démarrer mais qui propose de premiers riffs majestueux accompagnés par une voix solennelle avant l’explosion qu’est Ascent, morceau virulent et imposant où les rugissements reviennent en force. On retrouve la touche symphonique planante qui sublime la rythmique sombre et efficace ainsi que les parties vocales, mais le titre passe finalement assez vite la main à As Seen in the Unseen, morceau bien plus mystérieux au premier abord, puis qui s’enflamme sans prévenir pour devenir théâtral, rappelant parfois la fureur des premiers albums du combo dans les parties les plus glaciales, créant un contraste avec celles où les orchestrations prennent le devant. Le morceau est habilement rythmé, tout comme The Qryptfarer qui lui emboîte le pas et propose un son brut au sein d’une approche assez directe sans faire abstraction de la douceur des claviers, puis l’atmosphère s’assombrit avec Ulvgjeld & Blodsodel, morceau déjà connu depuis quelques temps qui va cependant propose un son assez lancinant, et qui rappelle l’identité massive du groupe, ajoutant même quelques choeurs. Courte pause avec l’introduction de Repository of Divine Transmutation, composition suivante qui s’embrase rapidement, passant de l’agressivité à des touches inquiétantes à souhaits suivies de parties imposantes, puis c’est avec une touche aérienne que Slik Minnes en Alkymist prend le relai et nous emporte dans son torrent de rage. Le morceau est lui aussi très bien ficelé, nous tenant en permanence en haleine et relançant sans mal la machine jusqu’à ce que Phantom of the Nemesis ne propose ses sonorités sombres mais relativement accessibles, à l’inverse de The Exonerated qui sonne très agressif en comparaison. Les parties symphoniques contrebalancent aisément les moments de blast intenses, et la voix samplée répond aux rugissements de Shagrath qui reprend de plus belle sur Recognizant, titre contrasté entre puissance massive et certaines parties bien plus planantes qui nous permettent de souffler avant d’enchaîner avec l’hypnotique At the Precipice of Convergence, titre assez planant qui saura placer quelques riffs plus énergiques mais qui compte principalement sur ses claviers. Le solo aux racines Heavy surprendra, mais les racines Black referont surface pour nous mener à l’onirique Shadows of a Thousand Perceptions qui s’emballe d’un seul coup, laissant la batterie se déchaîner seule pendant que les autres instruments dessinent un paysage torturé mais somptueux, puis l’album prend fin avec Gjoll, instrumentale aux racines atmosphériques froides mais enivrantes elles aussi qui referment en douceur ce nouveau chapitre de l’histoire des norvégiens.
L’attente a été longue pour les fans de Dimmu Borgir, mais les six musiciens ont tout donné pour nous offrir plus d’une heure de Black Metal Symphonique. Si Grand Serpent Rising a tout de même ses longueurs, chacun y trouvera de quoi s’émerveiller.
80/100