Review 3286 : Gutrectomy – Slamdown Is Not a Phase, Mom

La récréation a sonné pour Gutrectomy !

Désireux de prendre leur indépendance, Dennis Schuler (chant), Philip Dahlenburg (guitare), Louis Weber (basse) et Julien Kuny (batterie) sortent pour leur quinze ans un nouvel EP, Slamdown Is Not a Phase, Mom.

On attaque avec la très courte et groovy Stepdad Slamfight, première composition qui confirme l’évolution déjà entamée du groupe vers le Deathcore, mais également vers le fun entre les samples et l’infrabasse dévastatrice qui nous projette déjà sur Sledgehammer Dismemberment, deuxième titre un peu plus long aux riffs solides. La rythmique et les parties vocales nous matraquent littéralement l’esprit, nous accordant un break comique avant de reprendre encore plus fort pour frapper jusqu’à Forklift Facelift où ils sont rejoint par le Danois Alexander Kristensen (Guttural Slug) qui prête main forte à Dennis. Le titre est tout bonnement monstrueux, autant dans la rythmique inarrêtable que côté rugissements sauvages, et seuls les samples viennent troubler la violence, mais le groupe enchaîne déjà avec Cardio Kills Gains qui est en effet le parfait titre pour pousser un peu de fonte à la salle, comptant sur des vagues d’agressivité pure. Nouvelle déferlante avec Chainsaw Vasectomy, titre le plus sérieux (c’est dire) de l’EP où les riffs explosifs abritent non seulement les cris du vocaliste, mais aussi ceux de Matt Yakesh (No Face No Case) et Damian Brown (Nekropisser) pour une triple dose de brutalité entre Slam, Hardcore et même Rap, puis on termine avec Eating 6 Humans by Daylight, dernière chance pour le groupe de nous faire secouer le crâne en rythme avec leurs riffs syncopés qui feront sans aucun doute mouche.

Gutrectomy a peut être régressé mentalement, mais Slamdown Is Not a Phase, Mom est un véritable objet de violence pure ! Les riffs sont simples mais ultra-efficaces, et seuls les samples pourraient nous sortir de la frénésie qu’ils provoquent !

90/100

English version?

Quelques questions adressées au chanteur de Gutrectomy, Dennis Schuler, et au bassiste Louis Weber à propos de la sortie de leur nouvel EP, Slamdown Is Not a Phase, Mom.

Alors, première question : tout d’abord, merci de prendre le temps de discuter avec moi. Comment vous sentez-vous ?
Louis Weber (basse) : On se sent super bien, je dirais. On sort tout juste du boulot, moi en tout cas. Et toi, Dennis ?
Dennis Schuler (chant) : Je suis un peu fatigué, mais ça va. Je suis toujours fatigué, donc ça va.

La première question est un peu délicate. Comment décririez-vous la musique de Gutrectomy sans utiliser les termes “Slam Death”, “Deathcore”, “Death Metal” ou tout autre sous-genre ?
Dennis : Je dirais que c’est comme un putain de spectacle d’humour, un spectacle d’humour hardcore, et du divertissement à l’état pur. Louis, qu’en dis-tu ?
Louis : Désolé, j’ai perdu la connexion. Je vais me reconnecter via un hotspot.
Dennis : Ma connexion Internet fonctionne bien. (rires)
La mienne aussi !
Louis : Voilà, je suis de retour, ça devrait marcher maintenant ! Je pense que Dennis a déjà donné les bonnes réponses, mais… une fête ? Un pogo, un crowdkill ? Non, pas un crowdkill, mais… Et toi ? Je suppose que tu as déjà répondu, non ?
Dennis : Ouais, j’ai répondu comme si c’était un putain de spectacle comique, pour divertir. Donc tout est question de divertir les gens dans la foule.

Tu te souviens pourquoi vous avez choisi le nom Gutrectomy quand vous avez monté le groupe et comment tu le relies encore à la musique que vous jouez aujourd’hui ?
Louis : C’est à Dennis de répondre, je n’étais pas dans le groupe à l’époque.
Dennis : La réponse est simple : à l’époque, tous les groupes de slam finissaient par “-ectomy”, comme Epicardiectomy et tout ça. On y a réfléchi et c’était carrément mainstream, du genre “OK, on fait du Slam, donc il nous faut un nom avec ‘-ectomy’” Et c’est tout.

Vous êtes sur le point de sortir votre nouvel EP intitulé Slamdown Is Not a Phase, Mom. Qu’en pensez-vous ?
Louis : On est vraiment ravis. Ça a demandé beaucoup de travail. On s’y est vraiment mis à fond. On a supprimé des paroles, on est revenus aux sources, du Slam pur et dur, pas de conneries, pas de mélodies, rien. On a juste essayé de sortir les morceaux les plus hardcore qu’on ait jamais faits et je pense qu’on a plutôt réussi. On est plutôt satisfaits du résultat.
Dennis : Ouais, on a vraiment adoré ça et on a remis les trucs d’inhale. C’est génial. Je pense qu’on va se faire beaucoup critiquer pour ça, mais ça sonne super bien.

Comment résumeriez-vous l’EP Slamdown Is Not a Phase, Mom en seulement 3 mots ?
Dennis : Le premier mot que je dirais, c’est “macarena”. Et c’est bien ! C’est génial. Tu verras ! Le premier mot, c’est “macarena”. Je pense que le deuxième mot, c’est “Slam”. Le troisième mot, c’est “brutalité”. Je pense à la brutalité, à une batterie rapide.
OK, et toi, Louis ?
Louis : Je dois choisir trois autres mots ?
Oui !
Louis : “Party Done”. C’est quoi le mot.
Dennis : Tu dois dire “macarena”. C’est “macarena” !
Louis : Laisse-moi chercher le mot en anglais : “grossier” ou “sourd”. Et puis, le dernier serait… “sans paroles”.
Dennis : Je peux ajouter un mot pour réchauffer l’ambiance ?
Ouais, bien sûr !
Dennis : Le premier serait “débile”. “Débile”, c’est le mot qu’il nous fallait.
Louis : Ouais, c’est vraiment de la musique de troglodytes.

Slamdown Is Not a Phase, Mom sort à peine un an après le dernier album, Angst. Comment s’est déroulé le processus de composition, et avez-vous remarqué des changements ?
Louis : On a en gros écrit une grande partie de l’EP dans notre bus de tournée. Et pendant que nous étions en tournée, parce que nous voulions vraiment créer un nouveau Deathcore très “Slammy”, nous avons travaillé davantage ensemble que par le passé. Avant, nous faisions ça surtout via des appels Zoom : par exemple, je proposais une idée, puis nous travaillions dessus. Maintenant, nous l’avons vraiment fait ensemble et tout le monde y a mis ses neurones… et peut-être aussi en a retiré pour l’écrire.

Angst était en quelque sorte un album assez sérieux, que ce soit au niveau du titre ou des paroles, tandis que Slamdown Is Not a Phase, Mom est clairement un album drôle. Qu’est-ce qui vous a inspirés pour le créer et qu’est-ce qui vous inspire pour créer de la musique en général ?
Louis : Au début, Philip, notre guitariste, voulait faire un EP conceptuel sur les maladies et des trucs comme ça. Et puis, une fois qu’on a commencé à écrire les chansons, on s’est vraiment rendu compte que le groupe était drôle. On ne prend pas ça trop au sérieux, donc on a décidé que ça devait aussi se refléter dans le titre et dans les titres des chansons, du genre “Pourquoi appeler une chanson sans paroles quelque chose de sérieux alors qu’on peut aussi la rendre drôle”, je suppose.
Dennis : Je pense que Slamdown Is Not a Phase, Mom est… la musique que l’on a toujours voulu écrire, parce que nous ne sommes pas des gars si sérieux que ça. On prend les choses au sérieux sur scène et tout ça, mais je pense que nous sommes un groupe très drôle. Et je pense que Slamdown Is Not a Phase, Mom reste notre chef-d’œuvre à ce jour.

Alors, quelle est ta chanson préférée sur l’EP, ou peut-être celle qui a été la plus difficile à réaliser ?
Louis : Sur le morceau Chainsaw Vasectomy, on a un featuring de No Face, No Case, mais aussi de Nekropisser. Je sais pas si tu connais le groupe, mais c’est un gars vraiment jeune et il a fait un super boulot, et je pense que c’est l’une des chansons les plus difficiles qu’on ait jamais écrites. Et puis le single qui vient de sortir, Eating 6 Humans by Daylight, est aussi très dur à mon avis. C’est pour ça que je l’aime beaucoup.
Dennis : J’adore Stepdad Slamfight parce que j’adore le titre, c’est trop drôle. Et c’est court, c’est juste dur. Donc, j’adore ça.

Vous pensez que vous vous êtes améliorés en tant que musiciens avec ce nouvel album ?
Louis : Oh oui. Disons qu’au niveau des instruments, entre les guitares et la basse, ce n’est pas vraiment un bond en avant, mais on ne voulait pas non plus faire ce bond en avant. Mais à mon avis, ce que Dennis a fait au chant, c’est vraiment une nouvelle étape pour lui. Il s’est vraiment amélioré en quelques mois. On lui a dit de faire un peu de… comment Philip appelle ça, “frotter des pierres les unes contre les autres”, ce son-là, et puis, ça est venu avec le sample et on s’est dit “putain, mec, c’est exactement ce qu’on voulait”.
Dennis : Ouais, au niveau vocal, il y avait plein de nouvelles choses, comme les bruits de grenouille et tout ça. Je sais pas, je me suis entraîné dur et j’ai… Réussi ?
Ouais, carrément !

Slamdown Is Not a Phase, Mom est une sortie indépendante. Comment avez-vous décidé de la sortir sans label ?
Louis : Ce n’est pas vraiment indépendant. On a un distributeur numérique, Arson Theory. Ils s’occupent de tout le numérique pour nous, et je suppose que le pas à franchir pour sortir l’album de manière indépendante, sans qu’un label nous fournisse des CD ou des vinyles, n’était pas trop grand pour nous. Mais aussi, on sort d’une longue période de concerts et Angst a été un vrai succès, donc c’était tout à fait dans nos cordes de le faire en indépendant. Il faut d’abord se mettre dans une position où on peut le faire, et ensuite je trouve ça plutôt sympa.

Sur ce nouvel EP, vous accueillez trois invités : Alexander Christensen de Guttural Slug, Matt Yakesh de No Face, No Case et Damian Brown de Nekropisser. Comment avez-vous pris contact avec eux et leur avez-vous demandé de participer à l’EP ?
Dennis : No Face, No Case sont de bons amis à nous. Il ne faisait donc aucun doute que nous voulions les avoir sur le nouvel album. Et je crois qu’on est juste fans de Nekropisser. On est tellement excités par ces gars-là et ils sont tellement mignons d’une manière particulière parce que quand tu regardes leurs lives sur Instagram, ils te parlent toujours en disant “monsieur”, donc c’est toujours du genre “oh monsieur Dennis de Gutrectomy”, et c’est tellement drôle qu’on les adore, on les adore.
Louis : Ouais, carrément. Et puis en octobre dernier, on a joué un concert avec Guttural Slug, et ils étaient juste incroyables, alors on s’est dit “il nous faut ce mec sur l’EP”.
C’était donc très simple ?
Louis : Ouais. En gros, oui.

Et la pochette du nouvel EP ? Comment avez-vous décidé d’utiliser ce dessin pour l’illustrer ?
Louis : Notre batteur Julien est très doué en art et c’est lui qui a eu l’idée avec Phillip, notre guitariste, puis il l’a dessinée. C’était tout simplement génial. C’était toujours la même histoire : ils avaient une idée et on se disait : “Putain, c’est carrément un EP de Slam, mais c’est quoi ce bordel ?”. Et puis on l’a vu et on s’est dit : “Ouais, c’est exactement ce qu’il nous faut pour l’EP”. Ils sont vraiment créatifs. C’est trop cool.

Gutrectomy s’apprête également à partir en tournée européenne avec Immortal Disfigurement. Que penses-tu de cette tournée et comment vous êtes-vous préparés pour être en forme ?
Louis : Dennis et moi, on passe notre temps à la salle de sport. Genre, on y va tous les jours. Non, je plaisante. (rires) On ne le fait pas. On se prépare et on boit beaucoup de faffy pas certain, ndlr). Je sais pas, Dennis, qu’est-ce qu’on fait pour se préparer ? On essaie vraiment de repenser notre set live, on va apporter de nouveaux samples, on va jouer les nouvelles chansons, on répète beaucoup. Et puis on est vraiment impatients pour la tournée. D’après ce qu’on a entendu, la prévente marche super bien, et je pense que ça va être une expérience inoubliable pour nous. On n’a jamais fait de tournée de cette envergure. Les salles sont bien plus grandes que celles où on a joué avant, donc on est super excités.
Et toi, Dennis ? Tu te prépares spécialement ?
Dennis : Non, on fait des playlists sympas et marrantes sur Spotify. J’ai besoin de beaucoup de musique, de podcasts et tout ça pour le temps de trajet, mais ça va.

Personnellement, je n’ai jamais vu Gutrectomy sur scène, comment se déroulent vos concerts ?
Dennis : Boooooo (rires).
Ouais, je sais, désolé !
Louis : Tu es déjà allé à Palma de Majorque ?
Non, jamais !
Louis : C’est là que tu peux nous parler du concert.
Dennis : Nos concerts, je dirais qu’ils sont divertissants. C’est comme si on montait sur scène, et à chaque fois qu’on joue, on vient d’un autre pays. C’est du genre “on est Gutrectomy du Brésil”, la fois d’après c’est “on est Gutrectomy de France”, et je crois qu’on fait beaucoup la fête. Vraiment beaucoup la fête. On a toujours des trucs avec nous pour que les gens puissent se battre. C’est… Je ne connais pas le mot en anglais, mais en Allemagne on dit “frite de piscine”.
Louis : Ouais, comme des frites de piscine. Ils peuvent se battre avec cette frite de piscine, cette super frite de piscine. Et on a plein de samples et on a des passages tech assez hard, donc c’est une putain de fête. On se considère plus comme des artistes de scène que comme un simple groupe.
Donc vous êtes vraiment contents d’être sur scène ?
Louis : Ouais !

Quelle est la prochaine étape pour Gutrectomy ?
Dennis : Le putain de Wacken. Avec un peu de chance, un jour au Wacken, sur la scène principale.
Louis : Non, cette année, on est déjà bien occupés avec la tournée et la sortie de l’EP. Et l’année prochaine, on compte partir à l’étranger, peut-être même sur un autre continent si tout se passe comme prévu. C’est notre objectif, mais pour l’instant, on n’a pas vraiment de projets à long terme. On devait faire des tournées plus importantes et jouer dans des salles plus grandes, et c’est en quelque sorte ce qu’on a réussi à faire jusqu’à présent. Donc maintenant, on est un peu installés et la prochaine étape serait de partir à l’étranger.

Et j’ai aussi remarqué que Gutrectomy venait de fêter son 15e anniversaire. Vous avez peut-être préparé quelque chose de spécial pour l’occasion ?
Dennis : Je dirais que oui.
Mais tu ne peux pas en dire plus ?
Dennis : On ne peut pas en dire plus, mais une chose est sûre : en tournée, on joue avec Immortal Disfigurement. On joue la première chanson qu’on ait jamais écrite, donc elle a genre 15 ans. C’est trop marrant.
Louis : Elle est plus vieille que Dennis.
Dennis : Elle est plus vieille que moi. Putain de merde.

Vous avez déjà entendu parler de la scène Metal et Slam française ? Y a-t-il des groupes que vous appréciez ?
Louis : Kanine est génial, tout comme Embrace Your Punishment.
Dennis : Ouais, on les adore. Et moi, je suis un fan Old School de Benighted et Gojira. Je les adore aussi.
Louis : Et je crois que notre guitariste aime beaucoup Landmvrks. Moi aussi. C’est un super groupe.
Dennis : C’est une super scène, mais Kanine, Kanine, c’est les meilleurs. On adore ces gars-là.
Je les connais aussi.
Dennis : C’est dingue. Jay (le chanteur de Kanine, ndlr), ça s’adresse à toi ! Alex (le guitariste de Kanine, ndlr), ouais !

J’ai encore deux questions pour vous. Ce seront des questions un peu marrantes. Y a-t-il des groupes avec lesquels vous aimeriez jouer pour fêter la sortie de l’EP ? Vous pouvez aussi me donner des réponses irréalistes.
Louis : Je suis un grand fan d’AC/DC. Ce serait cool de les avoir sur la tournée de sortie de l’EP, ouais. Peut-être qu’Angus Young qui ferait des solos de Heavy Metal, ce serait cool. Et toi, Dennis ?
Dennis : J’adorerais avoir Bring Me the Horizon, ce serait cool. Et le plus drôle, c’est que… je pense à HammerFall. Je crois que j’ai un bon feeling avec HammerFall.
Intéressant !
Dennis : HammerFall, ce serait un rêve. On adore HammerFall dans le bus de tournée. On chanterait tout le temps des morceaux de HammerFall, sur deux octaves. Ce serait cool d’avoir AC/DC avec nous, puis HammerFall en tête d’affiche. Ce serait sympa, HammerFall en tête d’affiche.

Bon, je ne m’attendais pas à ça ! La dernière question est donc la plus agaçante et la plus drôle : à quel plat compareriez-vous la musique de Gutrectomy ?
Dennis : Oh, c’était un bon appel, salut (rires). Quel plat… Je dirais un sandwich Subway de 30 cm. Je ne sais pas trop.
Louis : Ouais, ou peut-être une currywurst, mais végétalienne. Tu connais la currywurst ?
Oui.
Louis : Vous en avez ?
On n’en a pas, mais on sait ce que c’est et si vous passez près de l’Allemagne, vous pourrez peut-être en manger.
Louis : Au fait, d’où viens-tu en France ?
Je suis au sud de Paris.
Dennis : Oh, d’accord ! On a vraiment envie de venir à Paris un jour, et de manger des baguettes.
Si vous venez à Paris, je vous apporterai la baguette ! (Dennis tend son petit doigt). Ouais, promis sur l’honneur !

C’était donc ma dernière question pour vous, merci beaucoup et le mot de la fin vous revient !
Dennis : Merci beaucoup de nous avoir reçus. C’était super de discuter avec toi. C’était vraiment marrant.
Louis : Merci beaucoup et restez Metal !

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