Review 3289 : Malebeste – Monestherou

Malebeste émerge.

Créé en Charente, le combo – Cédric au chant, Paul à la guitare, Damien à la basse et Cédric à la batterie – enregistre son premier album, Monestherou, et signe chez Antiq Records pour conter le folklore de sa région.

L’album débute par Aigre Vinasse et Chaude Populace, un sample rural et un peu chaotique qui nous met immédiatement dans l’ambiance populaire, notamment sur la fin où la foule agitée nous pousse vers Hautefaye 1870, premier titre ancré dans une base de Black Metal assez mélodieuse mais assurément furieuse à bonne allure. Les parties vocales ajoutent une touche macabre au mélange efficace et fédérateur, notamment lors des choeurs énergiques qui contrebalancent les passages les plus lancinants alors que Chasse Gallery nous propose une atmosphère presque épique pour compléter ses parties les plus rapides. On retrouve la touche brute dans les moments plus lents, mais c’est bel et bien l’approche Old School qui est la plus efficace, là où les mélodies tourbillonnent au dessus d’une base solide qui mène à Palefroi du Diable qui ralentit encore la cadence pour créer une touche pesante à souhaits. La rythmique reste accrocheuse, ancrée dans un Black Metal épais et oppressant avec tout de même quelques accélérations ravageuses, alors que Milouziena repart dans un ton bien plus doux, presque même apaisant par moments, et les mélodies dansent harmonieusement entre elles, et nous mèneront naturellement à Le Puits d’Enfer, titre qui est selon moi l’un de leurs plus travaillés. Si on notera certains passages assez sauvages, le morceau nous enveloppe aisément dans son voile dissonant en nous mettant face à sa noirceur avant de finalement passer à Monestherou, morceau éponyme qui charge à allure soutenue mais qui n’hésite pas à ralentir pour tisser ses mélodies entêtantes mais parfois un peu froides. Flamme Noir de l’Espoir nous accorde un temps de répit assez angoissant avant de nous replonger dans ses ténèbres enivrantes, proposant même une touche assez mystique sur certains passages, puis un final planant avant de passer à Nocturne, un medley acoustique aérien qui referme l’album dans la douceur, tout en restant dans cette thématique mélancolique.

Ancré dans un Black Metal aux mélodies envoûtantes, Malebeste dévoile une identité très forte et marquée pour un premier album. Monestherou nous fait vivre une part d’histoire souvent ignorée, mais riche en mélodies glaciales.

90/100

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