
Darkthrone a encore frappé.
Le duo culte du Black Metal Norvégien – puis du Metal Extrême underground en général – mené par Fenriz (batterie/guitare/basse, Coffin Storm, ex-Dødheimsgard, ex-Isengard…) et Nocturno Culto (guitare/chant/basse, Avrak, ex-Sarke, ex-Satyricon) vient de sortir son vingt-deuxième album studio, Pre-Historic Metal, toujours soutenu par Peaceville Records.

On attaque avec They Found One Of My Graves, titre déjà connu depuis quelques semaines qui renoue avec la base de Black Metal abrasive tout en continuant son exploration des autres influences, mais qui possède cette touche malsaine tout en s’aventurant vers le Heavy/Thrash. On note la touche accrocheuse mais également la pointe de mélancolie avant de passer au morceau éponyme Pre-Historic Metal, qui va lui nous surprendre par son contraste entre l’agressivité de base et les touches plus étranges, mais c’est visiblement la sauvagerie qui l’emporte, ajoutant quelques leads furieux. Le groupe enchaîne avec Siberian Thaw, composition visiblement plus calme sur ses premiers instants, mais qui propose une énergie différente avec l’ajout des parties vocales, notamment lorsque le vocaliste scande le titre avant de s’étouffer. Il en découle un passage bien plus aérien avant que la rythmique ne s’embrase, puis Deeply Rooted offre une allure bien plus modérée façon Heavy/Doom, chose qui se confirmera dans les ralentissements assez habilement orchestrés alors que l’accélération saccadée surprendra, à l’inverse de The Dry Wells Of Hell qui propose naturellement une rythmique virulente. Les parties vocales seront bien entendu là pour nous offrir une diversité plus qu’inattendue, mais les riffs vont eux aussi finir par n’en faire qu’à leur tête et nous mener à I Marched To The Sunken Empire, titre le plus court mais également de loin le plus oppressant alors que quelques éléments aériens s’évertuent à le rendre accessible. L’instrumentale finie, on passe à Eat Eat Eat Your Pride qui reprend immédiatement du poil de la bête mais montre une large disparité entre ses éléments lents et ceux plus agressifs qui s’enchaînent comme si de rien n’était, renouant finalement avec la dissonance sur Eon 4, dernier morceau aussi inquiétant que mystérieux qui pourrait faire croire à un retour aux sources, mais qui ne fait que s’en inspirer pour développer encore plus leurs nouveaux mélanges.
Désormais un peu plus loin de ses racines les plus agressives qui ont scellé sa légende, Darkthrone se complaît dans ses multiples influences, et donne à Pre-Historic Metal sa propre touche, celle qui lui permet de dire qu’il fait ce qu’il veut et à son rythme.
75/100