
Six Feet Under a choisi sa prochaine victime.
Avec la sortie chez Metal Blade Records de Next To Die, son dix-neuvième album, le groupe mené par Chris Barnes (chant, ex-Cannibal Corpse), Jeff Hughell (basse, Darkside of Humanity), “Lord Marco” Pitruzzella (batterie, Sleep Terror, Solus Ex Inferis, Waking the Cadaver, ex-Brain Drill, ex-The Faceless…), Ray Suhy (guitare, ex-Cannabis Corpse) et Jack Owen (guitare, Empty Throne, ex-Cannibal Corpse, ex-Deicide) entame également une tournée européenne.

L’album débute avec Approach Your Grave, un premier titre assez simple mais groovy et accrocheur où les rugissement de Barnes sont menaçants, presque même macabres, répondant aux leads de Jason Suecof (Capharnaum, Charred Walls of the Damned) qui place des harmoniques intrigantes sur le base pesante. Le son devient bien plus agressif avec Destroyed Remains, composition suivante où les riffs sont plus vifs, tout comme les parties vocales qui redeviennent imposantes, et le morceau passe malgré ses cinq minutes en un éclair, tout comme Mister Blood and Guts qui ne dépassera pas les trois minutes. Le son est efficace et la nuque remue toute seule pendant que l’on passe à Mutilated Corpse in the Woods où la rythmique accélère encore, devenant véritablement virulente pendant que le refrain entêtant nous fait brandir le poing, et il en sera de même pour Unmistakable Smell of Death qui charge ensuite. On remarque une pointe de Heavy épique dans les leads, mais le reste du morceau reste putride et groovy à souhaits, puis Wrath and Terror Takes Command retourne dans les tonalités inquiétantes et oppressantes pour débuter son assaut, rapidement suivi d’une accélération puissante où les musiciens nous feront à nouveau headbanguer sans mal. Le solo torturé va créer une cassure assez nette avant de repartir à bonne allure vers Skin Coffins, titre lui également assez simple mais facilement écoutable, mais on se prend naturellement au jeu alors que Mind Hell va rapidement revenir à une touche plus brute et saccadée comme on l’aimait à l’époque. Le groove de la section rythmique est d’autant plus intéressant après ce silence, puis on accélère à nouveau avec Naked and Dismembered, la composition suivante qui mélange Death’n’Roll et touches Old School massives pour étaler toute sa puissance avec même une touche de technicité par moments. Retour à la simplicité accrocheuse avec Grasped from Beyond où la voix complète un assaut une fois de plus naturellement entêtant à peine dérangé par les leads qui le ponctuent, puis finalement par quelques accélérations bien senties avant de laisser la main à Next to Die. En bon titre éponyme, il représente parfaitement l’album, proposant tour à tour moments de violence, parties groovy et vociférations puissantes, résumant à lui seul l’album avec même un solo dissonant avant d’enfin atteindre Ill Wishes, dernier morceau bien plus lent et pesant qui impose d’abord un rythme inhabituel mais horrifique avec ses murmures et harmoniques planantes avant de s’embraser pour clore l’album dans la violence.
Après un passage à vide, Six Feet Under a largement repris du poil de la bête, et même si le groupe a bien évolué en trente ans, personne ne peut dire que Next To Die est mauvais ! On retrouve la hargne et le groove que l’on aime, et c’est tout ce qui compte !
75/100