
Azaghal revient avec un nouveau sacrifice.
Pour ce quatorzième album, Nekrohelios, Narqath (guitare/basse/claviers/chant clair, Svartkraft, Wyrd, ex-Valar…), Lima (batterie, Amberian Dawn, Hautakammio, Wyrd…) et Thirteen (chant, Scarecrow) font de nouveau confiance au label Immortal Frost Promotion.
Le groupe compte également sur JL Nokturnal (Svartkraft, ex-Azaghal, ex-Wyrd) pour ses solos.

Nekrohelios, l’introduction éponyme, nous propose une atmosphère mystérieuse faite de sonorités ambiantes pesantes et d’un souffle avant d’attaquer directement dans le vif du sujet sur Elävän Kuoleman Tuhannet Kasvot, titre immédiatement très virulent qui s’ancre dans un Black Metal sanglant et intransigeant. Blast, riffs et vociférations filent ensemble dans la noirceur, nous conduisant à coups de leads cinglants vers Elysium, où l’on observe des touches légèrement plus douces qui viennent encadrer le torrent de violence, laissant même quelques parties de chant clair compléter les rugissements. L’approche virulente refait surface dès que Vihan Ruoska ne débute, créant un contraste avec le mysticisme précédent grâce à son rythme effréné, ses riffs intransigeants, mais aussi ses parties vocales étouffantes et presque incessantes. On notera une certaine froideur dans les leads, transformée en mélancolie douloureuse sur la saisissante Haava, composition qui sait autant placer des tonalités perçantes que développer une rythmique épaisse et impénétrable suivie d’accélérations jusqu’à ce que la courte Rottien Valtakunta ne nous roule dessus avec une approche elle aussi belliqueuse et sauvage. Le titre multiplie naturellement les phases agressives avec cette touche dissonante abrasive avant de passer aux choeurs malsains de Saatana, Olen Miekkasi complétés par les vociférations de Thirteen qui monopolisent rapidement l’attention pendant que les riffs du groupe filent à bonne allure. Le rituel terminé, le groupe passe sans attendre à Yö Katoaa Taakse Kuolevan Kuun dont les harmoniques nous lacèrent les tympans pendant que la rythmique accrocheuse sévit à son propre rythme, lui également très furieux et décidé à nous briser la nuque, même lors du solo chaotique. La longueur du titre ne lui enlève rien à sa sauvagerie, tout comme Juuret qui prend le relai et nous frappe de toutes ses forces, offrant ici une expérience différente du côté des guitares qui laissent basse et batterie assurer le gros de la section rythmique. Olen Unohtanut Isäni Kasvot nous proposera ce que l’on peut appeler le premier temps de flottement depuis un moment, ce qui consiste en une douce mélodie à la guitare pendant que le reste des instruments fait rage, mais les changements vont vite nous rappeler à l’ordre avant de rejoindre Noitalasia, dernière déflagration qui nous autorise elle aussi quelques moments de son clair de temps à autre, nuançant la rage qui reste cependant très présente, et qui ne manquera pas de nous le rappeler jusqu’au dernier moment.
Si le Black Metal finlandais est connu pour sa brutalité et ses tonalités cinglantes, Azaghal en est un fier représentant ! Ce n’est pas tous les jours que l’on doit encaisser un album aussi intransigeant et virulent que Nekrohelios !
90/100