Review 3308 : Converge – Hum of Hurt

Après avoir fait sensation au début de l’année, Converge revient déjà avec un nouvel album…

Intitulé Hum of Hurt, il arrive moins de six mois après Love Is Not Enough, et est donc le douzième du groupe mené par Jacob Bannon (chant/basse), Kurt Ballou (guitare/choeurs/basse), Nate Newton (basse/choeurs/guitare) et Ben Koller (batterie).

Le groupe attaque à bonne allure avec l’explosive Slip the Noose, composition assez courte qui témoigne de toute la folie mais aussi de la complexité que le groupe peut mettre en œuvre pour donner vie à ses riffs, n’hésitant pas à piocher dans des structures chaotiques et violentes. Les hurlements de Bannon sont toujours aussi expressifs, tout comme sur Doom In Bloom où ils sont bien plus plaintifs mais très intenses, permettant à la rythmique torturée de frapper avec un groove sauvage, puis finalement avec une touche plus joyeuse et énergique sur le final. Retour de la rage sur It Only Gets Worse où les racines Hardcore vindicatives sont poussées à l’extrême pour laisser le groupe se déchaîner pleinement pendant que la guitare de Kurt reste dissonante à souhaits, lâchant des vagues d’harmoniques presque dérangeantes. Quelques choeurs viennent compléter la déflagration avant Detonator qui nous accorde un court temps de “répit” avant de repartir à une allure relativement modérée, mais conservant le son saccadé et abrasif alors que les riffs s’enflamment assez régulièrement jusqu’à atteindre I Won’t Let You Go. On aurait pu croire à une balade au vu du nom, mais Converge nous a bien entendu préparé une surprise de taille avec l’une des rythmique les plus énergiques de l’album pour bien faire passer le message à coups de vagues de fureur avant de s’ancrer à nouveau dans la folie pour It’s Not Up To Us, titre au désespoir éclatant de vérité. Là aussi, le titre est court, mais il s’autorise des passages de flottement pour temporiser et ainsi accentuer ceux plus virulents avant de passer le relai à Dream Debris qui, bien plus longue, propose un véritable capharnaüm de percussions en guise d’introduction. La basse prend le relai pour un long moment, puis les autres instruments apparaissent, suivis du chant, mais le ton reste assez pesant, même lorsque les hurlements refont surface, mais le final va changer la donne et nous donner envie de nous briser la nuque avant de reprendre bien plus doucement sur It Used To Matter, où le son nous berce lentement. On notera quelques perturbations via les premières percussions, mais le mélange reste vaporeux jusqu’à Hum Of Hurt, titre éponyme où violence et chaos refont surface, mais également ces parties vocales brutes, impactantes et pénétrantes, parfois même loin des cris habituels du vocaliste. Difficile de ne pas ressentir une dimension presque intime sur ce titre qui débouchera sur Nothing Is Over, morceau final ancré dans l’oppression, mais aussi les sons plus lointains, presque effacés qui contrastent avec les éruptions que le groupe maîtrise à merveille pour refermer son album.

Si Converge avait régalé ses fans avec un nouvel album, ce second, bien que plus expérimental, aura sensiblement le même effet ! Il est toujours aussi impressionnant de voir à quel point le groupe maîtrise son sujet, et d’autant plus une deuxième fois en si peu de temps sur Hum of Hurt

90/100

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