
Révolte rime avec conscience pour Necrotted.
Trois années ont passé, mais Philipp Fink (guitare, Hackneyed), Fabian Fink (chant, Hackneyed), Markus Braun (batterie, ex-Cathedraline), Koray Saglam (basse, ex-Rotten Pope) et Johannes Wolf (guitare) ont mis ce temps à profit pour signer chez Reaper Entertainment et dévoiler leur sixième album, We Are The Gods That Tear Ourselves Apart.

On débute sur l’étrange Apotheosis qui ne manque pas de nous plonger dans l’angoisse avec des sonorités oppressantes avant de déboucher sur Zeitenschlächter, premier morceau violent à souhaits aux racines évidemment Deathcore, mais bien plus sombres qu’à l’accoutumée. L’atmosphère est apocalyptique, notamment lorsque le vocaliste se déchaîne, invitant même Lukas Nicolai (Mental Cruelty) à l’accompagner dans ses hurlements avant de passer à la massive et groovy Origin of Human Sins, au sein de laquelle les musiciens n’hésitent jamais à placer samples et autres effets théâtraux pour garantir un rythme effréné. On notera également l’accordage très bas qui permet à la basse de nous piétiner en permanence avant d’arriver sur Deus Ex qui prend le relai en compagnie de Sven de Caluwé (Aborted, Coffin Feeder, Fetal Blood Eagle…), dont la voix massive colle parfaitement à l’assaut en question. Sans surprise, le résultat est dévastateur tout en s’autorisant quelques touches plus aériennes avant de passer à Radiant Ransom qui ajoute une pointe de technicité côté leads alors que la rythmique – réhaussée par ses samples majestueux – ravage tout sur son passage, tout comme Fat God qui prend la main et accueille Alan Grnja (Distant) pour renforcer la section hurlements. Le duo est comme on s’y attendait surpuissant également, mais c’est seul que le vocaliste vocifère sur Circus Sapiens, titre à la rythmique explosive qui n’hésite pas à relancer la machine en quasi-continu pour garantir une tension permanente. Le break final sera parfait pour le live avant de lâcher le premier moment de répit sur The Best and the Worst of Times, le plus long des titres qui s’autorise une introduction avant de lâcher les rênes et de nous piétiner à bonne allure, restant cependant dans les codes du Deathcore et prévoyant nombre de passages saccadés dédiés au mosh. Les claviers conservent toutefois le ton pesant et dramatique du morceau avant de passer à Holy Shit Talker, titre violent mais à l’humour évident lorsque l’on sait que le groupe est rejoint par Maty Matousek (Gutalax) au chant, mais qui redeviendra plus sérieux et imposant avec Gottgeburt, dernière composition où les musiciens se donnent visiblement à fond pour nous offrir une dernière dose de puissance travaillée à l’efficacité indéniable.
Le groupe a visiblement évolué depuis sa dernière sortie, et Necrotted est désormais un acteur majeur de la scène extrême au sens large ! We Are The Gods That Tear Ourselves Apart puise évidemment ses racines dans le Deathcore, mais le groupe ne renie pas des touches plus sombres ou travaillées de temps à autre.
90/100