Review 3311 : Entgeist – Welk

Entgeist remet le couvert.

Actif depuis 2014, le groupe allemand composé de Tim (chant), Randy (basse), Lars (guitare), Sergej (guitare) et Godvaser (batterie) nous offre après quatre années d’attente Welk, successeur de son premier album.

L’album débute sur Am Rande der Finsternis et sa douce mélancolie qui emplit aisément l’air avant que la saturation ne s’invite à la fête, rapidement suivie de la violence, autant dans les riffs que sur les parties vocales féroces qui complètent les vagues d’agressivité. Les racines du Black Metal répondent à des touches plus dissonantes qui rythment la progression de la fureur jusqu’à un final à peine plus mesuré qui s’embrase à nouveau avant de faire place à Gefangen in der Zeit où le son est plus imposant, plus massif et écrasant. On notera quand même quelques touches groovy avant que les influences Old School ne refassent surface, accompagnées cette fois d’harmoniques glaciales et cinglantes qui dansent à allure différente, nous hypnotisant pour nous mener à l’entraînante Auserzählt qui propose des changements de rythme plus réguliers, mais pas moins déroutants. Le morceau n’hésite pas à nous frapper à son gré tout en distillant sa noirceur qui nous envoûte parfois avant de faire place à Imperfektion qui adopte une approche toute aussi imprévisible que son prédécesseur avec cette pointe de technicité dans la rythmique, mais aussi cette capacité à nous accorder un temps de répit tout en conservant son intensité intacte. Lethargie weicht Wut nous propose un ton plus léger, plus brumeux et à nouveau très mélancolique entre deux accélérations, créant un contraste intéressant que le groupe manie à la perfection mais qui finira par céder à l’agressivité pure avant un final plus doux qui nous laisse dériver jusqu’à Fatigue, interlude apaisant et minimaliste où nous reprenons à nouveau notre souffle. Noirceur et virulence s’emparent immédiatement de la rythmique lorsque Fassade débute, nous projetant dans une mare ténébreuse où se débattent énergiquement tous les éléments, formant un raz-de-marée naturel qui nous emporte avec lui, mais comme toute tempête le morceau nous réserve un oeil du cyclone plus doux. Il est composé de quelques patterns Prog, mais la violence n’est jamais loin, frappant une dernière fois avant l’oppression d’Ein Flammenmeer qui prend le relai et nous noie à son tour dans un tourbillon sombre mais lancinant qui se montre de plus en plus étouffant au point de rendre ses leads à la limite du supportable. Nouvelle déflagration inattendue avec Verwelkt, morceau qui débute avec des tonalités Avant-Garde surprenantes avant de finalement rejoindre des mélodies bien plus enivrantes, mais aussi des passages chaotiques et impénétrables d’une intensité époustouflante pour rejoindre Funkenspiel, la longue dernière composition qui débute avec un intrigant son clair qui ne durera pas, et qui fera place à son habituel torrent de noirceur entrecoupé de parties plus chiadées, mais qui ne gênent en rien la progression jusqu’au break, avant que le son ne s’épaississe définitivement, rendant l’atmosphère à peine respirable pour le final qui déferle jusqu’au silence.

Bien qu’Entgeist soit un groupe relativement jeune, son identité est déjà très affirmée entre une atmosphère pesante et des passages viscéraux. N’espérez pas que Welk ne passe sans laisser aucune trace, car l’album possède des passages vraiment… surprenants.

85/100

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