Live Report : Hellfest Open Air Festival 2026 – Jour 1

Retour après mon absence de l’an dernier au festival Metal le plus célèbre de France, voire même d’Europe, l’inratable Hellfest Open Air Festival !

Cette année, les scènes extrêmes sont chargées, et c’est ce qui m’a donné envie de revenir, en plus de savoir que je vais croiser tous les potes de l’hexagone, et bien au-delà ! Les scènes sont en place, les portes s’ouvrent, et nous voici à la conquête de l’enfer ! Big up aux plus courageux qui ont été se placer au bout des 200… 300 mètres de queue peut-être, pour passer au Sanctuary !

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Ma journée musicale commence donc avec Skaphos, que j’avais été contraint de rater lors de leur passage à Paris, et qui relèvent le défi d’ouvrir l’Altar avec leur noirceur abyssale, leurs costumes déjà adorés des fans de Lovecraft, et surtout leur son ultra-massif ! Au delà des riffs apocalyptiques servis par une bonne dose de flashs et de jets de fumée, les moments où les membres hurlent comme une seule entité sont tout bonnement monstrueux, et bien que l’on note la présence d’un percussionniste pour accentuer les passages ritualistiques, l’assemblée se fait rouler dessus par une machine de guerre ! Stephan Petitjean (guitare/chant) ne pensait pas si bien dire en hurlant “Hellfest, souviens toi de ce nom : Skaphos !”, car les lyonnais ont déjà marqué les esprits !

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Passage à un autre type de rituel avec les autrichiens de Perchta, groupe qu’il me tardait de pouvoir enfin voir, et qui inaugure quant à lui la Temple avec ses sonorités Folk/Pagan teintées d’un Black Metal viscéral. Les hurlements de Frau Percht (chant) ont probablement fait perdre leur âme à bon nombre de spectateurs, notamment les non-avertis qui s’étaient glissés là pour échapper au soleil, mais le show parfaitement rythmé et géré nous permet de savourer un spectacle grandiose et unique. Rien n’est laissé au hasard, entre le hammered dulcimer qui permet les touches les plus aériennes, les riffs qui assurent la touche agressive et la vocaliste qui se montre plus expressive que jamais, tantôt terrifiante lorsqu’elle arpente la scène, tantôt presque rassurante lorsqu’elle frappe son tambour malgré son maquillage sombre… tout était parfait, à part le temps de jeu que j’aurais adoré se voir rallongé !

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On passe à l’efficacité pure pour Devangelic qui est déjà sur l’Altar pour nous assaillir grâce à un Brutal Death sans aucune forme de délicatesse, de fioriture, de concession ou je ne sais quoi d’autre, et qui va aligner ses riffs avec une efficacité bestiale. Outre le vocaliste au centre qui ne cesse de headbanguer que pour vociférer, lâchant de temps à autre “let me see your hands France!” ou encore “merci la France !”, guitariste et bassiste l’aident aux rugissements tout en jouant, assurant toujours plus de violence. Le pit est déjà lancé pour le plus grand bonheur des italiens, et ils nous le rendent bien en enchaînant leurs titres à bonne allure, redoublant toujours d’agressivité et débordant d’énergie, si bien que leur temps de jeu est passé en un instant ! Espérons qu’ils aient l’idée de revenir bientôt…

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J’arrive le premier dans la file de Winterfylleth pour me rendre compte que le pass photo a disparu de mon bracelet. Retour donc à l’espace presse, puis aux quartiers de l’organisation et une fois le problème résolu, c’est un show déjà bien entamé auquel j’assiste, mais qui transcende une assemblée attentive à cette rythmique glaciale et cette atmosphère sombre avec laquelle les anglais nous envoûtent sans mal. Les musiciens restent relativement statiques, à l’exception des guitaristes pour quelques passages plus furieux, mais le son est excellent, et chaque accélération est marquante, poussant le public à hurler entre les titres, laissant de larges sourires sur le visage des membres du groupe. Là non plus, je n’aurais pas été déçu s’ils avaient eu le temps de jouer un ou deux morceaux supplémentaires…

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On passe à la technicité de Rivers of Nihil qui débute son show avec une composition purement axée Prog pour la première vague de photographes dont je fais partie, et qui va visiblement tenter d’hypnotiser le public avec douceur… Ce qui va fonctionner, puisqu’une fois que les quatre membres en ont terminé avec la quiétude et le chant clair, la saturation et l’énergie revient motiver le public de l’Altar, qui va réagir positivement à ce changement de la part des américains mené par un “come on Hellfest, let’s go” de la part d’Adam Biggs (basse/chant principal). On notera également l’arrivée du saxophoniste de temps à autre, mais malheureusement, le mix ne permettra pas d’apprécier pleinement le groupe que j’aimais énormément il y a neuf années, et peu importe mes déplacements sous la tente, le show aura sur moi l’effet d’un pétard mouillé, à l’inverse des spectateurs visiblement ravis.

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Retour dans la froideur musicale avec les norvégiens de Borknagar qui terminent leurs balances et qui vont nous offrir un premier morceau très shamanique partagé entre les voix d’ICS Vortex (basse/chant) et Lars A. Nedland (claviers/chant) avant que le premier ne lâche “Hellfest how are you doing” qui aura l’effet d’une bombe et lancera définitivement la déferlante. Le Black Metal cinglant rejoint les racines Pagan pour créer une atmosphère saisissante à tous points de vue, le tout mené par le sieur Vortex en excellente forme et dont la voix est toujours aussi puissante, et le concert est rythmé par ses quelques interventions, nous remerciant de notre présence, lâchant quelques petites touches de sarcasme, mais reprenant de manière toute aussi virulente. On notera que la setlist n’a pas vraiment évolué depuis quelques temps, avec d’énormes temps forts à mes oreilles que sont The Rhymes of the Mountain et surtout Winter Thrice qui referme le show, mais le groupe remporte encore et toujours mon coeur !

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Une autre des formations du jour qui avait déjà mes faveurs, les suédois de The Halo Effect qui montent sur scène devant une tente remplie à ras-bord et qui vont fédérer dès leurs premières secondes de jeu, que ce soit grâce au charismatique et énergique Mikael Stanne (chant) qui harangue la foule, ou grâce aux musiciens qui n’hésitent jamais à se placer au plus proche de nous pour jouer. Je n’aurai pas non plus beaucoup de surprises sur ce show, ayant déjà vu deux fois depuis son dernier album, mais j’ai toujours ce même plaisir à voir la section rythmique menée par Peter Iwers (basse) et Daniel Svensson (batterie) pendant que Niclas Engelin et Patrik Jensen (guitares) proposent ces leads tirés du Gothenburg Death Metal entre deux parties vocales toujours aussi puissantes, autant dans le chant clair que celui hurlé. Et même si Stanne a raison en lâchant “Thank you for being here, beautiful Hellfest, it’s our first time!” les musiciens sont tous des habitués du lieu, ayant déjà joué avec d’autres formations, et ils s’y sentent comme chez eux, proposant un véritable sans faute qui fera des émules et lancera même quelques mouvements de foule, dont des slammeurs en pleine forme !

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Premier passage en Mainstage, et pas des moindres, je me devais d’aller photographier l’une des légendes du Hard/Glam Rock, Alice Cooper, et sa bande de musiciens tous plus doués et photogéniques les uns que les autres. Si musicalement parlant, il y a bien longtemps que je me suis éloigné du projet pour rejoindre les sphères extrêmes, je dois reconnaître qu’à soixante-dix huit ans, Vincent Furnier (chant) assure encore comme une bête, tout en assurant le show, changeant de tenue ou jouant avec les différents happening qui nous émerveillent. Si malheureusement la hauteur de la scène ne peut que nous permettre d’entrevoir Glen Sobel (batterie), Ryan Roxie (guitare), Chuck Garric (basse), Tommy Henriksen (guitare) et sa nouvelle recrue Anna Cara (guitare) l’aident aux choeurs, puis n’hésitent pas à poser pour de longs solos, haranguant une foule déjà acquise à leur cause et qui hurle les refrains tout en savourant les passages théâtraux. Un grand moment qui mérite encore et toujours sa place au festival, nous le prouvant titre après titre sur une setlist best of mais millimétrée.

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Je retraverse l’intégralité du festival et j’arrive juste à temps pour mon dernier show de cette première journée, celui du projet aussi barré qu’expérimental Igorrr, qui débute avec des lumières catastrophiques sur Daemoni, titre pesant mais complexe à photographier. Si en arrière-plan, Gautier Serre est confiné à ses claviers et machines alors que Rémi Serafino (batterie) lui fait face, la vedette est laissée à JB Le Bail (chant guttural) ainsi qu’à Marie “Gerda” Iguchi (chant mezzo-soprano), nouvellement arrivée, sans oublier Martyn Clément (guitare), qui arpente la scène lors des passages les plus virulents. Là encore, nous assistons à un show travaillé et énergique au possible qui nous laisse à peine quelques secondes entre les compositions pour hurler avant de reprendre, alternant passages Breakcore déjantés, riffs saccadés et parties vocales qui se répondent avec un naturel percutant, le pari est gagné pour les français, et son public est visiblement ravi.

Bien que les shows du jour aient été incroyables du début à la fin, la chaleur s’est déjà invitée à Clisson ! Je ne reviendrai pas sur ma petite frayeur du jour, mais plutôt sur les performances, qu’elles aient été inhabituelles comme celle de Perchta, brutales comme Devangelic ou Skaphos, ou encore attendues mais délicieuses comme The Halo Effect ou Alice Cooper, la première journée est une vraie réussite ! Vivement la suite !

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