
Retour dans l’enfer de Thorium.
En 2026, JP (guitare, Pitch Black, ex-Dominus), Jose Cruz (guitare, Pitch Black), Daniel (batterie, Tons), Jesper Nielsen (basse, My Empty Room) et MHA (chant, Empire Drowns, Withering Surface) reviennent pour leur septième album, Suburban Rot, toujours en compagnie d’Emanzipation Productions.
Le groupe nous rappelle dès les premières secondes d’Abra Macabre, le premier morceau, que son Death Metal a beau être assez mélodieux, il n’en reste pas moins sombre et intransigeant, accélérant selon son propre rythme pour placer des parties vocales furieuses pendant que la rythmique fait rage. Personne ne sera surpris si je dis qu’il ne m’a pas fallu longtemps avant de remuer le crâne, tout comme sur Endless Disgust qui affiche immédiatement son approche saccadée énergique, parfois nuancée par quelques passages plus accessibles mais qui restent toujours assez virulents jusqu’à ce qu’Open Wounds ne vienne à son tour nous écraser. On notera une grande diversité sur ce morceau, qui passe des harmoniques dissonantes au blast en un rien de temps tout en profitant de breaks imposants pour un final plus pesant avant le sample introductif de MG42, titre à l’influence militaire évidente. La rythmique ne tarde pas à venir frapper à pleine puissance et à bonne allure, reprenant tous les codes d’un Death Old School d’excellente facture à l’agressivité assumée qui conserve cependant un côté groovy entraînant tout comme Suburban Rot, le titre éponyme, qui s’abat sans prévenir sur nous et nous assomme grâce à des frappes régulières. Les refrains sont bien plus perçants à tous points de vue, et le contraste entraînant se développe naturellement avant de laisser place à Shelter, titre assez court comme son homologue précédent mais qui semble chercher à nous ménager dans un premier temps, affichant des patterns entêtants avant de finalement sortir ses sonorités plus grasses et plus vives. On passe à The Collector, le plus long morceau de l’album, qui reste assez modéré tout en proposant un riffing intéressant couplé à un côté malsain que l’on retrouvera aussi sur l’introduction de Bring The Children To Me, transformé en fausse quiétude dissonante qui s’intensifie au fur et à mesure que le morceau avance, notamment grâce au refrain qui crée une cassure encore plus angoissante. Retour du groove massif sur The Undead, titre qui emprunte presque au Death’n’Roll et au Death/Doom pour créer des sons pesants mais relativement accrocheurs, puis l’album prend fin avec Crucified qui accélère une bonne fois pour toute et nous propose une agressivité marquée doublée de touches infernales qui finiront par une charge épique jusqu’au final.
Il y a peu de chances que vous soyez surpris si je vous confirme que Thorium se hisse lentement mais sûrement au rang de valeur sûre du Death Danois ! Avec presque trente années de carrière sous le capot, le groupe a tous les éléments pour faire de Suburban Rot un incontournable de leur discographie !
85/100