
L’histoire s’écrit dans la violence chez Monument of Misanthropy.
Désormais signé chez Listenable Records, le groupe autrichien composé de George “Misanthrope” Wilfinger (chant), Julius Kössler (guitare, Spire of Lazarus), Joe Gatsch (guitare), Raphael Hendlmayer (basse) et Simon Martinsich (batterie) propose en 2026 son quatrième album, Washington State Charm.

La bien nommée Obviously We Gotta Start Somewhere… nous accorde un dernier moment de répit avant que Neath Tacoma Asphalt ne vienne nous frapper de plein fouet avec son Death Metal aussi brutal que travaillé qui mêle rythmique furieuse, allure élevée et rugissements déjà sauvages. L’alternance entre growl et screams vicieux est parfaitement gérée pour maintenir l’attention alors que le groupe accueille déjà ses deux premiers invités, les guitaristes Mendel bij de Leij (ex-Aborted…) et Johnny Ciardullo (Angelmaker) qui participent aux nombreux leads qui pavent notre voie vers A Hunger Unstilled où la dissonance nous assomme presque autant que la rythmique. On notera des parties plus imposantes notamment grâce aux samples pesants en arrière-plan, mais le morceau dépasse à peine la minute avant de nous lâcher sur The 1974 PNW Spree où la violence pure est complétée par Gabe Mangold (Enterprise Earth, Devildriver), créant un contraste entre les harmoniques infernales et la base saccadée. Le titre passe comme une lettre à la poste, et Unfortunately WA vient nous accorder un temps de flottement angoissant avant que le titre éponyme Washington State Charm ne vienne nous matraquer grâce à une rythmique furieuse où blast et parties curieusement plus accessibles se répondent, fusionnant pour plus de violence. On retrouve également l’atmosphère horrifique avant de passer à Colorado Murder, longue composition qui ne perd pas un seul instant pour nous frapper de toutes ses forces à bonne allure, mais le groupe sait également accélérer pour proposer des éruptions de folie maîtrisées mais aussi ralentir pour un final apocalyptique et étouffant. The Hacksaw Blade prend le relai et nous propose une bonne dose de technicité couplée à des touches Old School abrasives qui nous matraquent entre deux riffs imposants pour accentuer la virulence qui reprend rapidement forme avec Chi Omega Blood Rage, le morceau suivant qui aura l’effet d’un ouragan rempli de hurlements et de riffs tous plus travaillés les uns que les autres. Suwannee Hog Shed nous laisse à peine le temps de reprendre notre souffle avant de nous exposer à ses sonorités pesantes avant le retour des patterns plus énergiques, puis nous aurons droit à une nouvelle pause avec Could You Hear That, sample angoissant au possible qui alimente l’atmosphère horrifique. Une fois les trente secondes passées, Strapped to the Throne (Burn, Bundy, Burn) vient nous piétiner comme il se doit dans la tradition du Brutal Death, accueillant Hal Microutsicos (Engulf, Blasphemous) pour renforcer les rangs pendant que le groupe déverse sa haine dans des riffs étouffants pour un dernier sursaut de noirceur.
Les possesseurs de la version CD pourront également savourer une reprise de Nile, The Eye of Ra, que le groupe maîtrise à merveille et sur laquelle il fait appel à Shoi Sen (De Profundis, ex-Monument of Misanthropy) et Jean-Jacques Moréac (Argile, Misanthrope) pour compléter ce titre déjà mythique dans sa version originale.
Il semblerait que Monument of Misanthropy ait trouvé un équilibre avec Washington State Charm, que ce soit en termes de line-up, de brutalité ou de technicité ! Si l’album reste assez court, personne ne pourra nier son efficacité et son atmosphère pesante !
90/100