Live Report : Hellfest Open Air Festival 2026 – Jour 3

La fatigue accumulée frappe fort, mais pas question de lâcher quoi que ce soit, vu comment se profile la troisième journée du Hellfest Open Air Festival 2026 !

Là encore, pas mal de découvertes, mais aussi et surtout de la variété ! Les rangers sont chaussées, l’appareil est chargé, rien ne peut m’arrêter ! Sauf peut-être la chaleur qui a décidé de revenir en force…

Galerie à venir

Il est 10h30 tapantes, et DVRK a bien compris ce dernier terme, puisque les rejetons les plus modernes de Season of Mist enchaînent déjà les breaks et autres moshparts sous l’Altar, mais comme le dit si bien Peter Morgan (chant) : “I know it’s early in the morning but open this fucking pit”. Le mouvement est timide, mais la hargne du groupe aura raison de la volonté du public, qui se mettra peu à peu à remuer sous leurs rythmiques lourdes et syncopées pendant que le vocaliste nous hurle dessus à pleins poumons, n’hésitant pas à poser un pied sur les retours, demandant des circle pits à foison. Simple, efficace, c’est une excellente manière de commencer la journée !

Galerie à venir

On continue avec Vigljos sous la Temple, et premier constat : le trio suisse est devenu un quatuor, avec ce nouveau membre préposé aux machines/mellotron au masque bien plus haut et imposant qui ne serait jamais rentré aux caves l’an dernier. Côté jeu de scène, le groupe restera sur ses acquis, le vocaliste arrivant avec un encensoir avant de le poser puis de se mettre à hurler à travers son masque en osier tout en se cambrant, alors que guitariste et batteur affichent une plus grande concentration. Le son est toujours aussi brut, renforcé par les parties bruitistes parfois aériennes qui apportent une touche presque cathartique à la violence sombre, et malgré que la scène ne semble un peu grande pour eux, les quatre hommes masqués ont largement remporté le coeur du public, venu en nombre pour assister à leur performance glaciale.

Galerie à venir

Leur logo parle pour eux : Profanation ne va clairement pas faire dans la dentelle. Avec seulement un EP sorti il y a trois ans mais un line-up assez connu de la scène extrême, le groupe parisien de Death aux tendances Grind ou Black s’est déjà fait un nom, et compte bien le défendre devant un public malheureusement assez éparse. Les musiciens ne se laissent pas démonter, et balance ses sonorités abrasives au sein de riffs agressifs qui leur permettent parfois de respirer, mais qui nous tiennent en haleine et relancent en quasi-permanence les vagues de son rocailleux. Les titres s’enchaînent, les quatre gaillards grimacent sur les passages les plus virulents, et tout le monde aura sa dose de violence pure ce matin grâce à eux, il n’y a qu’à voir la tête de certains qui sont passés entre le bar et la tente !

Galerie à venir

On enchaîne avec un rituel bien plus sombre qui est celui d’Hulder, d’abord orienté Pagan sur les premiers instants, puis purement Black Metal par la suite, qui affiche clairement son côté aérien tout en restant assez brut et agressif par moments. Au centre, Marliese “Hulder” Osborne (guitare/chant) reste à proximité de son pied de micro orné de branches, headbanguant lorsque la banshee en elle ne s’exprime pas, pendant que ses camarades assurent une rythmique virulente, et que Necreon (basse) l’aide sur certains hurlements. Là encore, le public est captivé par l’expérience, autant par sa noirceur imposante que par ses passages les plus violents, et je n’observe aucun mouvement dans la tente, même lors des étincelles de furie qui animent de temps à autre les musiciens. Mais la loi de la matinée est cruelle : même sans aucun mot entre les titres, le set est bien trop court, et je ne suis pas le seul à avoir besoin d’un passage en salle dans les plus brefs délais, surtout avec cette qualité sonore impressionnante !

Galerie à venir

Je dépose mon encéphale en lieu sûr, et je passe sur Cabal, formation danoise loin de m’être inconnue et qui n’a visiblement pas de temps à perdre au vu de la rapidité avec laquelle ils mettent le feu aux poudres et débutent un show Deathcore qui s’annonce déjà d’anthologie ! Entre deux moshparts dévastatrices, Andreas Bjulver (chant) lâche quelques “let me see what you got” ou “merci beau fucking coup!” pour entretenir une ferveur qui fait remuer la fosse, et les autres membres ne sont pas en reste, puisqu’ils se plient également sans mal en deux sur les parties les plus virulentes. Même si les lumières sont loin d’être les plus simples à gérer, le show est explosif, et chaque morceau toujours plus lourd et groovy que le précédent nous frappe avec la délicatesse d’un pachyderme, notamment lors des breaks qui s’enchaînent et feront dire au bout des quarante minutes de concert que le groupe doit lui aussi désormais passer en tête d’affiche dans nos salles.

Galerie à venir

L’une des raretés du jour est Non Est Deus, formation menée par le mystérieux vocaliste et compositeur masqué Noise (oui, l’homme derrière Kanonenfieber) accompagné par les mêmes acolytes, mais qui va ici proposer un projet.. bien différent. Cette fois, pas de canons, pas de barbelés, mais plutôt une arrivée calme, une atmosphère religieuse, un premier titre où le vocaliste reste derrière son pupitre pour dispenser son sermon accroché à son bâton pendant que le Black Metal pesant nous écrase… Puis tout change, il devient survolté, les musiciens sont également investis d’une force mystique, aidant le leader à hurler, et le concert devient plus théâtral, plus grandiose, alors que le public – bien évidemment massé et attentif au moindre geste – reste médusé devant une telle ardeur. Je sais à quel point le projet peut être intense sur album, mais je suis heureux d’avoir pu assister à l’un des rares concerts de ce groupe.

Galerie à venir

Je ne les avais pas vus depuis quelques années déjà, mais Defeated Sanity reviennent donner une bonne leçon à l’Altar, et leur violence n’attendra pas pour nous rappeler que le groupe est l’un des maîtres du Brutal Death Technique ! A peine arrivé, Josh Welshman (chant) balance sa bouteille d’eau dans la foule pendant que la rythmique nous piétine déjà avec un son étrangement bon, et la violence des musiciens est renforcée par les rugissements de l’homme. J’ai beau être habitué à ce style où complexité et violence se mêlent habilement, je reste toujours impressionné par l’habileté des musiciens, qui ne se contentent pas de maltraiter leurs instruments, mais qui prennent aussi le temps de remuer et haranguer le public déjà totalement acquis à leur cause. Il y a malheureusement trop peu de monde venu prendre sa claque pour ce set, mais le groupe donne tout ce qu’il a, et les présents sont déjà en train de mosher plein gaz, sûrement motivés par cette caisse claire explosive qui ne fait que confirmer mes impressions : le son Old School a encore de beaux jours devant lui.

Galerie à venir

Je regagne évidemment la Temple pour le champ de bataille de 1914, et bien qu’ayant vu le bataillon ukrainien deux mois plus tôt, ce show sera bien différent de celui de Paris. Dmytro (chant) est couvert de boue, mais toujours aussi calme en arrivant, imprégné des textes auxquels il s’apprête à donner vie alors que ses camarades assurent une atmosphère pesante, et si la tente est pleine à craquer, ce n’est pas par hasard. Les morceaux vont s’enchaîner, laissant à peine au vocaliste le temps de lâcher “we are 1914 and yes we are talking about war”, rappelant évidemment le conflit dont souffre son pays actuellement avant de relancer la machine. Il n’hésitera pas non plus à descendre au plus près du public pendant que les musiciens jouent leurs riffs avec brio, assurant une setlist parfaite et qui sait parfaitement passer d’une atmosphère à l’autre. Si je souhaite évidemment revoir le groupe au plus vite, je leur souhaite de tout coeur que ce soit dans des conditions politiques bien plus favorables.

Galerie à venir

La violence pure va à nouveau vivre un grand moment avec Severe Torture qui revient au Hellfest quinze années après son dernier (et premier) passage, visiblement désireux de nous en mettre plein les esgourdes. Comme son prédécesseur, le groupe est carré dans son exécution que ce soit les passages Old School bas du front et agressif ou les pointes de technicité qui feront le bonheur des mélomanes mais qui obligent les musiciens à interrompre leur séance de headbang, à l’exception de Dennis Schreurs (chant) qui arpente la scène en quasi-permanence. Côté fosse, ça remue, ça tourne, ça se rentre dedans à foison, et le groupe en rajoute en haranguant quelques secondes entre deux morceaux, reprenant rapidement le train en marche pour continuer à frapper de toutes ses forces, et une fois de plus sans faire de quartier. Les néerlandais savent y faire, et ça se ressent dans les courbatures !

Galerie à venir

Après une pause bien méritée, je reprends le chemin de l’Altar pour y trouver Obscura qui vient tout juste de débuter son set devant un public principalement attentif, mais avec tout de même son petit lot d’excités qui veulent se remuer dessus. Et malheureusement, si le mix et l’instrumentale sont excellents, le chant est beaucoup plus aléatoire : on sent que le patron Steffen Kummerer (guitare/chant) est parfois en difficulté lors des parties les plus brutales, et malheureusement le soutien de la rythmique n’y fera rien. Au delà de ce souci, la malédiction de leur dernier passage (2022) est conjurée, et les morceaux s’enchaînent de manière fluide, jouée par des musiciens furieux et en pleine forme, ce qui semble plaire au public, malgré un jeu de lumière particulièrement énervé.

Galerie à venir

On repasse en Warzone pour voir Cro-Mags, dont l’énergie du dernier morceau m’avait séduit, et qui semble être sur les chapeaux de roues, comme on le constate avec ce “we’re not supposed to begin, but if you’re ready we’re ready” que lâche Harley Flanagan (basse/chant) quelques minutes avant l’heure officielle. Leur énergie pure va donc d’un coup débouler sur Clisson, et il n’en faudra pas plus au public pour se remettre à son activité préférée, c’est-à-dire leur rendre la pareille en bougeant de manière plus ou moins contrôlée pendant que les titres frappent les uns après les autres. Je ne suis que peu coutumier du groupe qui est “fucking back” selon les mots de son leader entre deux parties de Punk Hardcore remuantes, mais les compositions sont bien ficelées, et même s’il y a fort à parier que l’expérience sera unique pour ma part, j’ai tout de même passé un très bon moment !

Galerie à venir

Après ce petit bain de soleil, me revoici à la conquête de l’Altar pour mon dixième show de Septicflesh, et bien que le groupe ait été assez occupé dernièrement, les quatre membres montent confiants sur leur scène avec l’intention de nous faire participer à leur show. Seth (basse/chant) n’a pas changé, nous incitant nous ses “brothers and sisters” à remuer le crâne pendant que leurs rythmiques frappent inlassablement, suivant un schéma très précis pendant qu’harmoniques et samples orchestraux nous offrent une ambiance majestueuse. Personne n’est surpris de voir Modern Primitive garder la place d’honneur en compagnie de Codex Omega, les deux albums datant respectivement de quatre et neuf ans, mais je suis tout de même très heureux de voir The Vampire from Nazareth prendre vie à nouveau, et d’entendre les “louder” sur les titres les plus enchanteurs, comme Anubis. Cependant… il s’est passé quelque chose d’inattendu : le leader a mimé un chef d’orchestre en promettant de revenir très vite… affaire à suivre !

Galerie à venir

Rapide incursion en Temple pour Aura Noir, groupe que je n’ai jamais réussi à apprécier sur album au vu de mon aversion pour le Black/Thrash qui a cependant tendance à s’effriter avec le temps, et soyons honnêtes : le groupe est bon ! Les quatre musiciens savent ce qu’ils font, headbanguant pour Apollyon (guitare/chant), Blapshemer (guitare) et Kristian Valbo (batterie) ou restant malheureusement immobile pour Aggressor (guitare), forcé à rester assis, et les rythmiques Old School s’enchaînent à bonne allure. Le vocaliste annonce les morceaux, et à chaque fois la foule répond présent, que ce soit en hurlant ou en moshant, et bien que je n’apprécie pas personnellement tous les morceaux, je ressors satisfait d’avoir pu voir cette légende à l’œuvre !

Galerie à venir

Le soleil se couche, et c’est le moment parfait pour aller voir Amenra. Plutôt habitués du festival, les belges vont proposer un show au visuel assez classique, que ce soit en terme de jeu de scène minimaliste où les membres sont en ligne, Colin H. van Eeckhout (chant) principalement de dos, ou concernant la scénographie, principalement menée par des nuages de fumée assez réguliers. Mais cette fois encore, le groupe va laisser sa magie opérer et captiver une fosse calme qui boit chaque note, chaque frappe, chaque cri, absorbant l’intensité grandissante mais explosive de ce son à la fois si pur et si virulent, empli de douceur et de douleur. Pas un mot ne sera dit entre les titres, et même les applaudissements sont respectueux, mais le groupe nous a une fois de plus régalés dans cette pénombre grandissante.

Galerie à venir

Il fait presque nuit lorsque je regagne la Temple pour la très attendue performance du récemment reformé Old Man’s Child, mené par son charismatique leader Galder (guitare/chant) qui grimace de bonheur, mais aussi de rage. Entouré par un line-up premium (Cyrus à la guitare, Elvorn à la basse et Tjodalv à la batterie), l’homme était tout autant attendu que lors de sa dernière performance avec son ancienne formation, mais il semble tout aussi à l’aise que s’il n’avait jamais mis ce projet en pause ! Le son est bon mais pas exceptionnel, bien que l’on reconnaisse facilement les morceaux (notamment ceux de The Pagan Prosperity, petite pépite du Black Symphonique à mes yeux), les musiciens assurent largement leurs parties sans trop en faire, et les amateurs se régalent des titres entrecoupés de quelques “Hail Hellfest” ou “Do you know this one?” qui permettent de souffler avant que la déferlante glaciale ne reprenne. J’ai hâte de voir ce que nous réservera le futur.

Galerie à venir

Dernier show de l’Altar ce soir, c’est avec la délicatesse de Deicide que Clisson revient une dernière fois à la violence du Death Metal pour un show que je pourrais sans mal qualifier d’assez classique. Les quatre gaillards montent sur scène, les lumières (rouge obligatoire) sont allumées, et nous voilà partis pour une heure de brutalité avec en maître de cérémonie le sieur Glen Benton (basse/chant) et sa voix puissante mais parfois un peu hasardeuse qui contribue à l’aspect live. Si le son reste assez constant, ses camarades et lui sont un peu en mode pilote automatique, enchaînant les morceaux avec de brèves pauses qui permettront au vocaliste de placer quelques “are you guys up?” ironiques, incitant à plus de mouvement dans une fosse apparemment comblée. Pas de surprise quant à la setlist non plus, mais les titres principaux sont là, et c’est tout ce qui compte.

Galerie à venir

J’ai pour ma part abandonné les tentes pour le dernier show de la journée, car Behemoth, originellement annoncé pour clore la Temple, se retrouve propulsé en Mainstage, prenant le relai de Volbeat qui avait déclaré forfait quelques jours plus tôt. C’est l’occasion pour Nergal (guitare/chant), Inferno (batterie), Orion (basse) et Seth (guitare) de montrer à Clisson qui domine la journée en sortant le grand jeu, et c’est bien ce que les polonais comptent faire : dès le traditionnel drap replié, jets de fumée et de flammes se succèdent lors des titres, rythmant les refrains déjà démentiels qui émerveillent la totalité de la fosse. Il va sans dire que je ne pouvais rater ce moment, réussissant tant bien que mal à gagner la troisième vague de photographes pour immortaliser l’un des concerts les plus impressionnants de leur carrière, durant lequel le vocaliste se métamorphose en véritable entité démoniaque, posant sur les retours entre deux parties vocales pendant que ses camarades et lui ne manquent jamais un moment pour jouer ensemble ou multiplier les accessoires. Je retiens surtout ce magnifique “You are still alive after three days of heath, but we are here to Conquer All” qui lance le morceau cité avec une fougue dévastatrice, et bien que l’album The Satanist ne soit encore à l’honneur, proposant trois longs titres, il est possible que Chant for Eschaton 2000 m’ait permis de déclarer une onzième fois que Behemoth fait sans aucun doute partie de mes groupes favoris de tous les temps.

Impossible malgré la performance dantesque de Behemoth de ne garder que ce show tant ceux de Vigljos, Cabal, Hulder, 1914 et Severe Torture m’ont marqué ! Cependant, l’annonce est tombée : la canicule frappera demain, et aura raison du feu d’artifice. Nous regagnons donc l’hébergement, et ne demandons en aucun cas notre reste avant de sombrer en compagnie de Morphée.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.