Review 3318 : Via ad Mortem – Requiem I: Through the Path, Over the Ruins

Via Ad Mortem est né pour célébrer la mort.

Créé en Italie, le groupe est un trio mené par Santamuertero Sinister (chant/claviers, Kintsukuroi, Wendol, ex-Afraid of Destiny, ex-Solitude Project…), Hiems Silens (guitare/basse, Wings of Nowhere) et Gibil (batterie, Evilizers, Ghostly Aerie Coven, Stealth). Signé chez Northern Darkness Records, il nous propose en 2026 son premier album, Requiem I: Through the Path, Over the Ruins.

Nous pénétrons dans la noirceur avec The First Steps Towards the Unknown, introduction glaciale et mystérieuse où les sonorités volent lentement avant de se heurter à des riffs Old School pénétrants ainsi qu’à des hurlements macabres qui habitent les ténèbres de Through the Path…. Impossible de ne pas se laisser happer par le son lancinant et abrasif nous entoure de force, poussant notre esprit à se perdre entre ses harmoniques planantes alors que la violence reste omniprésente, tout comme sur Worshipper of Death dont les mélodies enivrantes prennent immédiatement le relai pour compléter les rugissements. Là encore, la froideur se répand comme une traînée de poudre et s’installe en nous, tissant toute son intensité pesante pendant que le vocaliste se déchaîne, mais un break salvateur viendra nous tirer la tête hors de l’eau avant de nous y replonger plus profondément en nous menant à Muchita, Night in Lima, titre assez différent mais qui nous emporte facilement dans sa propre danse. Le ton est plus léger, plus aérien, et s’autorise final en son clair accompagné d’une chouette sous quelques râles avant que la saturation ne refasse surface teintée de Doom sur Into the Bardo, composition suivante ancrée dans une touche mélancolique qui se ressent autant dans les passages vifs que dans cet océan apathique où le growl surgit des profondeurs. La puissance de la reprise est décuplée, presque même majestueuse alors que les riffs nous lacèrent pour rejoindre Voragine di Luce et son introduction presque apaisante avant un nouveau torrent de riffs cinglants parfois imposant mais qui sait exactement où se briser pour nous permettre de récupérer notre souffle. Le sample nous maintient dans cette peine ambiante, faisant de l’embrasement des riffs une reprise naturelle à peine perturbée par une batterie énergique avant de passer à Over the Ruins qui avance péniblement et qui n’explose que lorsque le blast le lui impose. Ce rythme effréné colle parfaitement à la détresse des riffs, mais également aux grognements rauques qui semblent presque à bout de souffle, souffrant tout comme nous de cette oppression viscérale avant d’être délivré par Rib for a Rib, titre d’abord assez minimaliste, puis finalement bien plus brut que les autres. Les parties vocales déchirantes errent dans ce paysage désolé, rejoignant une voix samplée avant de laisser la rythmique s’enflammer et se consumer d’elle-même avec des touches enivrantes jusqu’à ce que The Grace of Gnosis ne vienne reprendre le flambeau pour faire de ce dernier titre une fin presque épique, proposant même des choeurs gutturaux oniriques et inattendus qui nous mettent presque en transe avant la dernière charge qui nous conduira vers un dernier voile de douceur, puis au silence.

Il n’est pas rare de découvrir des projets singuliers en tant que chroniqueurs, mais il l’est bien plus que de faire l’expérience d’une telle intensité. Via Ad Mortem ne joue pas du Black Metal sur Requiem I: Through the Path, Over the Ruins, il tisse un véritable voile macabre en lui donnant un souffle éthéré.

95/100

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