
Pénétrons dans l’antre de Duir.
Créé en Italie, le projet restera indépendant jusqu’à la sortie de son premier album, neuf années après sa naissance. Aujourd’hui signés chez AOP Records, MK (guitare), Vox in Umbra (chant), Skryer (guitare), TZ. (flûte/cornemuse/vielle à roue) et P. (batterie) sortent leur deuxième album, Catarsi, mixé et mastérisé par P.G. (Groza) au Ad Nauseam Sounds.

Si le chant en italien pourra surprendre sur les premiers instants de Manifesto, le premier titre, ses tonalités agressives s’intègrent parfaitement à l’atmosphère sombre et éthérée de la rythmique qui envahit soudainement l’air, affichant des racines Old School glaciales enivrantes. Les instruments folkloriques développent naturellement la touche dissonante et entêtante de ce très long morceau au rythme soutenu qui nous réserve tout de même quelques touches plus lentes et lumineuses ainsi que d’autres purement Folk comme sur le final avant que la noirceur ne s’embrase pour rejoindre Di Nessuno. Ce second titre est plus court, mais profite tout de même de longs passages instrumentaux pour tisser ses sonorités majestueuses qui contrastent avec les hurlements saisissants qui hantent ce somptueux tableau dans lequel on se perd jusqu’à atteindre Impeto, morceau bien plus pesant dès son introduction. On notera également qu’il propose des touches plus brutes et agressives, mais aussi une certaine mélancolie aérienne avant d’accueillir L.G. (Ellende) pour renforcer la noirceur environnante qui nous étouffe et dans laquelle on se laisse dériver, atteignant finalement Della Notte, composition entièrement instrumentale la plus courte mais également la plus incisive de l’album qui laisse ses leads perçants voguer comme ils l’entendent. Il est aisé de se laisser bercer par les riffs enchanteurs, mais Del Giorno rappellera finalement les parties vocales qui assombrissent l’introduction apaisante avant que la rythmique ne s’installe à ses côtés, assombrissant immédiatement l’air pendant que le groupe se démène pour déverser sa touche hypnotique sans renier la violence omniprésente. L’album touche déjà à sa fin avec Oltre l’Alba, ultime morceau qui nous laisse reprendre nos esprits en nous enivrant grâce à la cornemuse avant de lâcher sa vague d’obscurité habitée des grognements, apportant la touche de violence dans cet océan de beauté aussi intrigant que fascinant, mais dont nous finirons inévitablement par atteindre la rive, mettant fin à l’aventure.
Duir m’était totalement inconnu, mais j’ai découvert avec Catarsi des sonorités capables de mener mon esprit dans des paysages aussi majestueux que désolés. Si tant est que vous ayez un attrait pour la noirceur et les tonalités planantes, cet album intense vous séduira en un instant.
95/100