Review 3325 : The Fifth Alliance – Stenahoria

The Fifth Alliance revient d’une longue route.

Après quelques temps de silence, le groupe néerlandais composé de Matthijs (guitare), Niels (guitare), Puck Wildschut (basse, Brave New Hell, ex-Sisters of Suffocation), Peter Scheffer (batterie, Brave New Hell) et leur nouvelle vocaliste Natalya “Thalos Sacritas” Thelen (Waldseelen, ex-Yantras) dévoile son quatrième album, Stenahoria, en collaboration avec Tartarus Records et Ardua Music.

Phoenix rugit déjà à nos oreilles dès ses premières secondes, couplant rythmique furieuse et hurlements de banshee tout en tissant une oppression palpable et abrasive, plus tard alimentée par les leads hypnotiques qui rejoignent la déferlante alors que la vocaliste se déchaîne. On notera tout de même des moments bien plus doux où tonalités aériennes rejoignent quelques touches de chant clair inquiétant, mais le groupe ne tardera pas à remettre le feu aux poudres et le son s’intensifie de lui-même, mêlant les éléments les plus lourds et agressifs avec ceux plus calmes tout en filant vers Benandanti, bien plus doux de prime abord. Difficile tout de même de ne pas sentir la noirceur qui découle des riffs dissonants qui gagne progressivement du terrain et finira par réinvoquer les hurlements viscéraux pendant que la saturation nous étouffe avant de nous pousser à rejoindre le final déchirant où la vocaliste scande de toute son âme “rise for freedom” avant que le silence ne nous laisse contempler le vide. Il sera bien vite remplacé par Fool on the Hill, titre suivant où le son revient envoûter notre esprit grâce à des vagues de lourdeur savamment orchestrées qui piochent à la fois dans une mélancolie pesante et dans un groove entêtant avant de succomber à leur tour à l’extrême noirceur pénétrante. Bien que quelques touches plus douces soient au programme, le morceau reste très profond, et ne se prive pas d’alterner entre toutes ses influences, passant d’un Post-Black millimétré au Sludge bien plus crasseux comme on le retrouve sur Battle of Barnet, morceau d’abord assez minimaliste mais qui va rapidement retrouver ses travers agressifs alors que la vocaliste tente d’apaiser la tension en proposant sa touche plaintive. Le flot progresse doucement entre les deux univers pour finalement laisser les ténèbres gagner le bras de fer et nous emporter vers Jakob, le dernier titre qui affiche clairement ses sonorités menaçantes d’abord avec quelques touches planantes, puis avec des hurlements massifs avant l’un des breaks les plus inquiétants, puis c’est à nouveau l’éruption inarrêtable de violence aux sonorités presque corrosives qui nous emporte dans sa folle charge vers le néant.

Si les influences de The Fifth Alliance sont multiples, elles sont toutes reliées par cette viscéralité et cette lourdeur oppressante qui anime les musiciens sur Stenahoria, album à la fois mystérieux et fascinant qui aura tôt fait de trouver son public, certes niche mais passionné.

90/100

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