
Le donjon de Stormkeep est de nouveau ouvert.
Composé d’Otheyn Vermithrax (guitare/chant/claviers/batterie, Blood Incantation, Lykotonon, Wayfarer), Nebula Husk (basse, Lykotonon, Wayfarer), Apokteino (guitare, Lykotonon, Wayfarer) et Lord Dahthar (claviers), le mystérieux groupe américain revient en 2026 épaulé par le label Vesperian pour la sortie de son deuxième album, The Nocturnes of Iswylm.
Andrea Morgan (Exulansis, Omens, The Keening, ex-Megaton Leviathan) a enregistré violons et violoncelles.

The Taste of Immortal Blood s’ouvre sur des sonorités déjà théâtrales et inquiétantes, mais pour le moment assez douces comparées à la noirceur qui va rapidement se mettre en place dès l’arrivée de la saturation, elle-même complétée par les vociférations furieuses. Le groupe n’a pas perdu la main et propose un Black Metal hypnotique mais extrêmement agressif parfois nuancé par quelques touches de claviers et de choeurs enivrants qui iront jusqu’à prendre le dessus avant un moment de flottement, mais le torrent de fureur refait surface pour nous mener jusqu’à The Black Dragons of Iswylm, où le ton est immédiatement plus martial. Les accélérations intransigeantes renforcent ce côté froid et directif qui colle parfaitement à l’esthétique orientée fantasy du groupe qui ne lésine pas sur les leads et les parties atmosphériques pour contrebalancer, puis c’est avec Saccharine Subjugation que la rage revient en force et nous emporte dans les limbes ténébreuses. Quelques solos nous ramènent de temps à autre à la réalité alors que les choeurs nous entraînent dans le mystère jusqu’au final bien plus éthéré qui nous laissera reprendre notre souffle avant que Imperious Sanguine Eroticism ne prenne le relai avec une approche bien plus lancinante. La lenteur pénètre facilement notre esprit, laissant le chant clair apporter des airs mystiques alors que les hurlements nous rappellent aux ombres environnantes, elles-mêmes complétées par des harmoniques brumeuses avant un final très doux, suivi par Echoes in the Vasts of Sequestration qui retourne sans attendre dans ses tonalités pesantes avant de nous offrir un torrent de sonorités perçantes grâce aux guitares. Le morceau est parcouru de nappes de claviers planantes qui maintiennent l’atmosphère oppressante tout en lui conférant cette touche épique renforcée par les parties vocales, mais Carnal Tapestries of Nailtorn Flesh prend vite le relai, et s’offre un mélange entre angoisses et tonalités cristallines avant que la rythmique ne frappe à son tour. Egalement très court, le titre ne lésine pas sur les moyens pour nous emporter dans son univers entre violence et éléments plus majestueux avant de céder sa place à Ballad of a Fallen Star, dernière composition qui est de loin la plus longue et qui prend le temps de pousser à l’extrême son atmosphère onirique allant de la saturation du Black Metal le plus impur à des influences acoustiques teintées de Folk qui se renforcent l’une l’autre et s’accordent sur des passages symphoniques grandioses comme le final.
Si Stormkeep avait déjà fait grand bruit dans la scène Black Metal avec son premier album, The Nocturnes of Iswylm pousse le concept encore plus loin avec une approche parfois brute, parfois majestueuse, mais toujours épique. L’album est un véritable trésor pour quiconque prendra le temps de s’y pencher.
95/100