
Numen est revenu à la vie.
Toujours signé chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, le groupe Basque mené par Aritz Navarro (chant), Eöl (claviers/choeurs), Jabo Numen (guitare, Cerebral Effusion) et Lander (basse/flûte/alboka) recrutent Sistre (batterie, Bestial Nihilism, Gotholocaust, Les Chants de Nihil) pour donner vie à leur cinquième album, Erre.

L’album débute à bonne allure avec la mélancolie de Kez beteriko zeru penatua, premier titre au son assez brut mais aux mélodies et parties vocales saisissantes mais savent également partir dans la dissonance lors de passages plus froids ou devenir plus énergiques et communicatifs, créant un contraste intéressant qui sévit tout au long du morceau. Le chant évoluera également au fur et à mesure que les riffs avancent, proposant parfois des influences DSBM terrifiantes avant de passer à la fureur sur Negu itxian Urtarril hotza, morceau suivant où le groupe se concentre sur une atmosphère mystérieuse qui renforce ses accélérations. On se retrouve alors pris dans le flot de noirceur aux tonalités parfois assez majestueuses, puis soudainement plus agressives ou au contraire presque planantes, mais le titre passera vite le relai à Errautsen azken arnasa et son introduction acoustique qui nous hypnotise avant de faire renaître la saturation à toute vitesse. Même si la double pédale finit par s’apaiser par moments, l’atmosphère reste assez pesante, n’attendant qu’une étincelle pour s’embraser à nouveau et laisser les riffs fondre sur nous avant une dernière touche de douceur, balayée par Hustasuna – Oroitzapen galduen putzua et ses touche Old School virulentes. On se laisse à nouveau bercer et maltraiter par la dualité de la rythmique pendant que le vocaliste donne tout ce qu’il a, confirmant la touche virulente du morceau avant un long final lugubre suivi par Euria infernuko sutan qui lui emboîte le pas, mais qui – grâce à sa longueur – prend le temps de tisser son atmosphère avant de laisser la rage reprendre le dessus pour continuer cette plongée dans les ténèbres aux ruées massives, proposant même quelques sonorités orientées Folk épiques qui rappelleront leurs débuts avant un lent et paisible final.
Beaucoup vont découvrir Numen avec Erre, et y trouveront un Black Metal saisissant, parfois très violent mais parfois bien plus atmosphérique, alors que les habitués y verront une véritable évolution entamée depuis des années déjà, et qui s’exprime ici de manière très viscérale.
90/100