
Inherits The Void émerge à nouveau.
Très productif depuis sa première sortie en 2020, le projet mené par Antoine Scholtès (Wurmian, Lyrside) annonce en 2026 la sortie de son quatrième album, The Silent Abscission, chez Avantgarde Music.
Il est à nouveau épaulé par Nico “Ranko” Muller (Akiavel, EON, ex-Hyrgal, ex-Otargos, ex-Svart Crown…) à la batterie et laisse pour la première fois le chant à Romain Negro (Apolaustic, ex-Stortregn) au chant.

On débute avec l’intrigante The Sepulcher of Time, première composition d’abord intrigante qui n’hésite pas à s’enflammer en retrouvant ses racines Black Metal à la fois mélodieuses et aériennes, mais qui surprendra par l’arrivée du chant, bien différent de ce à quoi le créateur nous avait habitué. On sent une dimension plus brute, plus agressive qui se mêle à la touche viscérale de l’instrumentale qui nous transporte à nouveau grâce à ses riffs incisifs qui nous lacèrent l’esprit avant de passer à l’énergique mais glaciale The Dawn over Ruins qui prend le relai et retrouve cette touche Old School apocalyptique. Les harmoniques plus légères sont bien sûr toujours présentes, comme avant le break en son clair qui nous permet de retrouver notre souffle avant de nous laisser à nouveau emporter par la déferlante, puis le son s’alourdit sur The Silent Abscission, morceau éponyme qui affiche un véritable contraste entre ses leads planants et sa rythmique virulente. Les deux parties réussiront à s’allier par moments pendant que le vocaliste rugit, mais c’est bien la quiétude qui mènera le navire sur ce moment lumineux très calme et lors du passage en chant clair, alors que la violence nous emporte vers In The Shadow Of The Falling Star et ses claviers cosmiques qui appellent une touche oppressante. Le reste du morceau nous offre quelques tonalités mystiques intrigantes entre deux vagues de noirceur, affichant ses influences les plus calmes avant que Wrath Of The Endless Sea n’alourdisse encore l’atmosphère grâce à des riffs furieux, qui se laisseront toutefois apaiser pour accueillir un saxophone mais qui sauront reprendre du poil de la bête et se montrer à nouveau imposants et adopter des accents épiques. The Last Cry of Cosmos temporise un moment avant de faire revenir lentement et progressivement sa saturation, mais nous prévoie également quelques instants de relâche de temps à autre et qui renforceront l’éruption finale, puis s’offrira une touche infusée au Pagan/Folk avec les notes planantes d’A World Unmade. Les parties vocales deviennent elles aussi plus sauvages, collant parfaitement à l’agressivité et aux touches brutes, mais le morceau passe assez vite le relai au dernier titre de l’album, Inherits the Void, qui débute calmement en présence du saxophone, mais ce dernier participera à l’embrasement de la rythmique avant qu’elle ne profite de ses nombreuses influences pour nous mener à travers toutes ses nuances, laissant également le chant passer des hurlements habituels au chant clair tout au long de sa course jusqu’au final bien plus brumeux et onirique.
Alors qu’il était déjà bien lancé, Inherits The Void a évolué, accueillant un invité au chant assez différent des premières productions. The Silent Abscission est toujours lié aux racines du projet, mais nous propose une interprétation différente de sa noirceur pour nous en dévoiler d’autres teintes.
85/100