
Après la chute, la renaissance pour Hécate.
Actif dans la scène française entre 2009 et 2020, l’aventure du groupe s’arrête après son troisième album. Mais en 2023, Nicolas Bristot (batterie, ex-Ostium), Colin Forveille (basse, Scumbags) et Nox.L (guitare, No Life’s Worth, ex-Ostium) relancent le projet, recrutant en 2025 Thomas DM (Ash Bite, Astral Lore, Helioss, Lycantrophilia, ex-Chestcrush…) et Aharon (Griffon, A/Oratos) pour sortir l’année suivante Comment est la Nuit, leur quatrième album.
Le groupe a fait appel à Marie Noëlle pour la flûte traversière et Tiphaine Glever pour le violoncelle.

L’album débute un piano mélancolique sur Le Roi des Aulnes, rapidement suivi d’autres tonalités qui le renforcent tout en lui laissant son identité avant de la changer en quelque chose de plus sombre, plus inquiétant, avant de s’embraser sur Hymne au Clair de Lune et ses racines Black Metal glaciales. Les harmoniques suivent la rythmique furieuse, lui apportant quelques mélodies entêtantes entre deux parties vocales viscérales, nous permettant même de souffler lors du break enchanteur qui tranche avec la violence des riffs avant de lier tous les éléments pour créer un son planant avant de passer à la perçante Vois en dedans de moi. Les parties vocales sont terrifiantes, alimentant toujours l’angoisse viscérale qui sévit tout au long du morceau qui ne nous accorde que peu de pauses, mais les riffs saisissants nous maintiennent en haleine pendant que les voix se relaient pour nous clouer au sol, puis on passe à Aube aux pâles Salives qui nous accorde un répit bien mérité avant de frapper à son tour, nous emportant dans son torrent de noirceur. On sent ici également une touche enivrante, presque même apaisante au sein de toutes ces ténèbres environnantes, proposant des passages vraiment théâtraux alors que d’autres sont bien plus simples mais planants comme le final qui passe le relai à Qu’une main strie la Nuit où renaît l’angoisse, mais enveloppée de cette fausse douceur infusée au DSBM. La rythmique froide doublée de leads perçants et des voix déchirantes sont du plus bel effet, mais elle cèdera finalement la main à Bleu Flambant qui s’apaise, déjà grâce à son introduction minimaliste, mais ensuite dans sa rythmique qui prend une dimension majestueuse tout en restant très sombre, mais on notera tout de même quelques passages plus énergiques ou au contraire presque lancinants sur la fin. On enchaine avec la première partie de Des Regards Cueillis et des Mains Excavées, composition aérienne et brumeuse à souhaits qui laisse les parties vocales hanter ce magnifique tableau, mais qui finira par se laisser corrompre par l’agressivité et filer à bonne allure pendant que l’on se laisse happer par son flot de furie jusqu’à Des Regards Cueillis et des Mains Excavées II, où l’approche est relativement différente. Le groupe place toujours habilement ses hurlements, eux même renforcés, et l’instrumentale est plus changeante, accentuant ses extrêmes et devenant plus plaintive, notamment avant le final aux racines Folk qui mène à Comment est la nuit, composition éponyme qui nous offre une touche onirique pour refermer l’album en beauté, et ainsi nous permettre de sortir de cet univers.
A la fois très sombre et pourtant souvent majestueux, Comment est la Nuit nous offre une escapade entre virulence et beauté. Si l’on croyait le destin d’Hécate scellé, le groupe a su se relever et proposer un travail somptueux qui marquera le paysage Black Metal.
90/100