
Hommage et noirceur pour Viande.
Trois ans après son premier album, le groupe mené par J (chant, ex-Swarms of Darkness), B (guitare, Nahar), O (basse, Abyssal Vacuum, Trogne, ex-Borgne, ex-Vortex of End) et I (batterie, Illusive Key, Serpens Luminis, Trogne, ex-Ungfell) renouvellent leur partenariat avec Transcending Obscurity Records pour dévoiler Monument aux Morts, son successeur.

Le groupe nous ouvre les portes de l’inconnu ave Linceul immense, premier titre d’abord calme mais angoissant d’où commencent déjà à s’échapper des sonorités entêtantes avant l’arrivée de premiers riffs extrêmement lourds, puis les parties vocales caverneuses qui viennent parfois dynamiser une rythmique abrasive. On notera également quelques harmoniques plus douces mais dérangeantes, alternant avec le blast décharné pour nous mener à Sacrifice ardent, titre bien plus virulent au premier abord, mais finalement aussi plus malsain, n’hésitant pas à proposer changements de rythmes et partie vocales étranges pour compléter l’assaut. Les tonalités hypnotiques se déversent à allure régulière, puis disparaissent pour le break avant de passer à un final explosif, puis à Germes de mort qui vient nous piétiner à son tour et répandre sa crasse auditive par tous les moyens à différentes allures, mais qu’elle soit effrénée ou plus pesante, elle reste toujours présente jusqu’au final agonisant. On enchaîne avec la toute aussi pénible Monolithe de chagrin, titre bien plus court mais clairement pas moins accessible qui nous piétine avec dédain et nous montre dès les premiers instants toute sa fougue, et ne ralentissant qu’à de courts instants pour mieux montrer une approche lancinante avec Cercueil de vase, secouée par des éruptions régulières. Les parties lead ne sont pas en reste, distillant des tonalités aussi hypnotiques que dissonantes, mais le final horrifique aura tôt fait de nous terrifier à son tour pour nous emmener à la martiale Une cage d’os et son introduction plutôt singulière qui finira par fondre entièrement sur nous à bonne allure. Sans grande surprise, les passages les plus lents sont apocalyptiques alors que les plus rapides sont virulents à souhaits tout comme sur L’esprit cachot qui nous grogne au visage et dont on devine sans mal l’odeur de putréfaction avancée à chaque note, chaque frappe et chaque gémissement. Le final disparaît peu à peu dans l’obscurité, et c’est finalement Austérité maximum qui nous accompagne jusqu’à la sortie, non sans laisser ses bruits inquiétants nous hanter une dernière fois, complétés par des voix qui semblent tout droit sorties d’une radio… mais le groupe a prévu un titre bonus, L’homme Brasier, qui vient rajouter une couche d’oppression et de douleur à l’allure changeante mais toujours intrigante, nous offrant une dernière occasion de sombrer avec les musiciens.
Le premier album de Viande avait marqué par sa singularité, mais celui-ci le fera par son oppression et sa viscéralité macabre. Je ne recommanderai Monument aux Morts qu’aux oreilles averties, celles qui savent déjà ce que mêler Black, Death et Sludge signifie.
75/100