
La mort va si bien à Left to Die.
Créé en 2022 en tant qu’hommage à Death par deux de ses anciens membres, Terry Butler (basse, Inhuman Condition, Obituary, ex-Massacre, ex-Six Feet Under…) et Rick Rozz (guitare, ex-Massacre…) accompagnés par Matt Harvey (guitare/chant, Exhumed, Gruesome…) et Gus Ríos (batterie, Gruesome, Kill Division, ex-Malevolent Creation…), le groupe s’est finalement décidé à s’allier à Relapse Records pour sortir son premier album, Initium Mortis.

L’album s’ouvre avec Legion of Doom, titre immédiatement efficace qui propose en plus d’une rythmique accrocheuse des parties vocales malsaines, quelques leads criards, des accélérations féroces et un groove imposant comme à la fin des années 80, et qui va immédiatement faire mouche chez moi. Le morceau va droit au but, tout comme Archangel une fois ses harmoniques entêtantes terminées, plaçant des riffs furieux à bonne allure et nous frappant sans relâche avant de passer la main à Power of Darkness et à ses refrains fédérateurs. Les leads ne sont pas en reste, apportant des tonalités perçantes à une base déjà agressive mais qui prend un peu vite fin avant de passer à Zombie et à ses tonalités angoissantes qui vont rapidement s’emballer et proposer un interlude instrumental vif dans la lignée des morceaux précédents. Retour du chant sur Witch of Hell pendant que les musiciens proposent une rythmique solide dans la tradition du Death Old School, mais notre progression est interrompue par la guitare solo hurlante avant de reprendre son allure habituelle, suivie par celle d’abord plus intrigante de Rise of Satan qui va à son tour nous faire remuer le crâne tout en plaçant des éléments travaillés. Changement d’atmosphère pour l’approche saccadée de Summoned to Die, titre suivant qui fera sans aucun doute plaisir aux amateurs de mouvements de foule, puis le groupe revient à la violence pure sur Mantas, titre au nom symbolique (Death s’appelait à l’origine Mantas, pour ceux du fond qui ne suivent pas). Impossible de ne pas sentir toute la rage hurler, que ce soit côté chant ou instrumentale, et bien que le solo soit surprenamment mélodieux, il s’intègre parfaitement à la déferlante qui sera suivie par Slaughterhouse, morceau relativement pesant qui conserve pourtant un tempo élevé mais dont l’atmosphère est aussi oppressante que son nom nous le laisse imaginer. L’album prend déjà fin avec Death by Metal, dernier titre qui reprend les tonalités brutes et les changements agressifs pour nous inciter à nous briser la nuque sous les vociférations de Matt, qui laisse volontiers place à son camarade soliste avant de se charger du final.
Alors qu’on le croyait réduit à l’état de (très bon) tribute band, Left to Die nous propose un album brut, concis et agressif comme peu savent encore en faire. On pourrait lui reprocher de ne pas atteindre la demie-heure, mais je me contenterai de relancer le disque à la place !
90/100